Un mois seulement dans le Forez, et déjà l’impression d’être au bon endroit. Áron Csongvai s’est livré sans filtre ce jeudi devant la presse, avant la réception de Grenoble samedi soir.
Titulaire lors des deux premières journées de Ligue 2, le milieu défensif hongrois a détaillé son adaptation, sa vision du projet stéphanois et les ajustements tactiques imposés par la blessure de João Ferreira.
Un choix qui n’en était pas vraiment un
Interrogé sur les raisons de sa signature à l’ASSE, Csongvai balaie d’emblée toute hésitation qu’on pourrait lui prêter. « Pour être honnête, c’est une bonne question même si pour moi, ça n’en était pas une. Dès que j’ai eu connaissance de cet intérêt, j’ai été partant. C’est un grand club qui a envie de réussir de belles choses. J’ai envie de faire partie de cette aventure. C’est un honneur d’être ici, de porter ce maillot et je suis très heureux d’avoir cette opportunité. »
Cette évidence s’appuie sur une notoriété du club qui dépasse largement les frontières françaises. « J’avais évidemment déjà entendu parler du club. Je sais depuis tout jeune qu’il a une grande histoire et qu’il a accompli de grandes choses par le passé. C’est un club qui est connu dans mon pays, en Hongrie. Et quand je suis arrivé ici, j’ai reçu beaucoup de messages de gens en Hongrie qui me disaient que c’était incroyable pour moi de rejoindre l’ASSE. Donc oui, j’avais déjà entendu parler du club avant. »
Une intégration facilitée par le groupe
Sur ses premières semaines dans le vestiaire stéphanois, le Hongrois dresse un bilan largement positif, porté par l’accueil de ses nouveaux coéquipiers. « Mes premières impressions, depuis le premier jour, sont vraiment très bonnes. Mes coéquipiers, sur et en dehors du terrain, m’aident beaucoup à m’intégrer à l’équipe et à mon nouvel environnement. Je suis là depuis un mois et je me sens vraiment bien. »
Sur le plan sportif, il évoque une connexion qui se construit progressivement avec ses partenaires et le staff technique. « Sur le terrain, j’essaye de montrer que j’ai une bonne connexion avec mes coéquipiers, le coach et le staff aussi. Je me sens vraiment bien du fait de jouer pour ce club et j’aime voir que la connexion entre nous s’améliore au fil du temps. »
Un vestiaire de qualité qui tire tout le monde vers le haut
Sur l’état d’esprit général du groupe stéphanois, Csongvai insiste sur la richesse humaine et sportive de l’effectif, qu’il perçoit comme une véritable source de motivation personnelle. « Comme je l’ai dit, on a une incroyable équipe, avec beaucoup de personnalité. Ce sont de supers gars et je suis vraiment content de faire partie de ce groupe. »
Venu d’un contexte culturel très différent, le milieu hongrois savoure particulièrement cette immersion dans un collectif de haut niveau. « Si on parle de football, pour moi qui viens d’un pays et d’une culture différente, c’est vraiment un plaisir de partager le terrain avec eux. Ça m’inspire beaucoup pour montrer le meilleur de moi-même parce que j’évolue avec des joueurs de très, très grandes qualités. »
Un début de saison encourageant, mais encore perfectible
Sur le plan strictement comptable, deux victoires en deux journées constituent un motif de satisfaction évident. Mais Csongvai refuse de céder à l’autosatisfaction et pointe la marge de progression encore importante du collectif. « On démarre bien la saison en termes de résultats mais je pense qu’il y a toujours la place pour s’améliorer. C’est notre objectif de progresser tous les jours, à chaque entraînement, pour atteindre ce qu’on vise dans le futur. »
Il replace cette phase d’apprentissage dans le contexte d’un changement tactique global impulsé par l’arrivée de Ian Cathro. « C’est une nouvelle tactique, un nouveau coach avec des idées de jeu différentes donc c’est normal qu’on mette du temps à s’approcher du niveau qu’on souhaite atteindre. Je pense qu’on est sur la bonne voie mais que ça prendra un peu de temps pour que tout soit parfait au niveau offensif, défensif, avec et sans ballon. » Il conclut sur une note résolument tournée vers le travail collectif. « On apprend encore à nous connaître, à construire des affinités entre nous. On veut atteindre notre plein potentiel et on travaille dur pour cela. »
Le français, un chantier assumé sans pression de calendrier
Sur la barrière de la langue, Csongvai ne cache pas qu’il en est encore aux prémices de son apprentissage, tout en affichant une réelle motivation à progresser rapidement. « Je n’en suis qu’au début mais c’est un objectif clair pour moi de réussir à parler et comprendre le français de la meilleure manière possible, et le plus rapidement possible. On prend des leçons et on espère en prendre encore plus dans le futur. »
Il justifie cette priorité par l’exemple donné directement par son entraîneur. « Comme le coach l’a dit, et il nous montre l’exemple, c’est important pour nous les nouveaux joueurs de comprendre et de parler la langue afin de parfaire notre adaptation. » Interrogé sur un éventuel objectif chiffré pour maîtriser la langue, le milieu hongrois préfère rester prudent, sans pour autant relâcher son ambition. « Je ne sais pas, je ne peux pas vous donner de date pour l’instant. Je vais me laisser un petit peu de temps mais j’espère y arriver le plus rapidement possible. »
Un rôle défini clairement dès son arrivée
Sur les attentes précises de Ian Cathro à son égard, Csongvai décrit un cahier des charges limpide, transmis dès les premiers échanges avec le technicien écossais. « Quand je suis arrivé, le coach a été très clair sur ce qu’il attendait de moi en tant que joueur et sur mon rôle dans l’équipe. Je suis un milieu défensif qui doit réussir à conserver l’équilibre de l’équipe en utilisant mes qualités pour contrôler le jeu et aider à l’organisation. »
Il ne se limite toutefois pas à un rôle purement défensif et revendique une envie de peser également sur les phases offensives. « Je veux aussi aider l’équipe avec le ballon, me projeter vers l’avant pour accompagner les attaques. » Sur son statut au sein du groupe, il fait preuve d’une humilité assumée, tout en laissant entrevoir une ambition de leadership à construire dans la durée. « Au final, je veux vraiment aider l’équipe et ça passe aussi par la communication. Je viens d’arriver, je ne me considère pas encore comme un leader, mais j’ai envie de me comporter comme tel. »
Deux titularisations pleines, une progression individuelle en cours
Sur son propre état de forme après ces deux premières sorties, Csongvai se montre globalement satisfait tout en reconnaissant une marge de progression individuelle. « Je me sens très bien physiquement et mentalement. Je ne peux pas encore dire que je suis à 100% mais j’essaye de me donner au maximum chaque jour, comme le reste de l’équipe. »
Il souligne l’importance du soutien reçu depuis son arrivée pour accélérer cette montée en puissance. « Je pense sincèrement que l’aide que j’ai reçue de tout le monde à mon arrivée va m’aider à atteindre mon plein potentiel rapidement, au fil des matches et des entraînements. » La fierté d’avoir disputé l’intégralité des deux premières rencontres, couplée aux deux victoires engrangées, transparaît clairement dans son discours. « Je suis vraiment content d’avoir pu participer aux deux premiers matches en entier, avec deux victoires. Je suis spécialement content d’avoir fait mes débuts à la maison. Je suis un gars qui veut vraiment progresser et dépasser mes limites. J’ai encore la possibilité de progresser individuellement, je pense être au bon endroit pour y arriver dans le futur. »
Une réorganisation collective bien digérée après la blessure de Ferreira
La grave blessure de João Ferreira a contraint le staff stéphanois à revoir son organisation défensive dans l’urgence. Csongvai revient avec émotion sur cet épisode, avant de saluer la réaction collective qui a suivi. « Ce qui est arrivé à João est très triste, on ne s’y attendait pas. Avant tout, je suis vraiment content qu’il aille bien. »
Sur les ajustements tactiques engendrés par cette absence, il met en avant l’adaptation réussie de ses coéquipiers, notamment Maxime Bernauer repositionné au poste de latéral gauche. « Effectivement, la situation nous a amenés à quelques changements mais je pense qu’on s’est très bien adaptés. Je pense d’ailleurs à Maxime qui a été repositionné latéral gauche et qui s’en est très bien sorti. »
Il évoque également sa complicité naissante avec Tamar Svetlin, arrivé récemment lui aussi et positionné à ses côtés dans l’entrejeu. « Moi, j’étais très heureux de jouer avec Tamar à mes côtés. C’est un joueur avec de grandes qualités et c’est un plaisir de jouer avec lui. Il vient lui aussi d’arriver donc on doit encore réussir à nouer des liens et des automatismes entre nous mais je pense qu’on a bien réussi à gérer cette situation lors du dernier match. »
Sur le plan individuel, le Hongrois assure que ce chamboulement n’a pas fondamentalement modifié sa propre mission sur le terrain. « Ces changements n’ont pas vraiment affecté mon jeu puisque je suis resté au même poste. Ce que je devais faire, à savoir conserver l’équilibre de l’équipe, n’a pas changé malgré le passage de Max à gauche et l’arrivée de Tamar. Mon travail était toujours de défendre et d’organiser le jeu et on l’a bien fait collectivement. Tous les joueurs de l’équipe au moment de la blessure de João ont parfaitement géré la situation. »
Une première passe décisive vécue avec fierté
Auteur d’une passe décisive pour Jakob Breum face à Clermont, Csongvai relativise volontiers son apport offensif tout en savourant ce moment particulier. « Mon travail n’est pas de marquer des buts ou de faire des passes décisives, je laisse ça aux attaquants, mais j’ai été très fier de délivrer ma première passe décisive. C’est un super sentiment de pouvoir aider l’équipe à marquer. »
Il revient également sur les circonstances particulières de cette action, avant de recentrer l’essentiel sur le résultat collectif. « C’était une situation un peu étrange mais au final, ça s’est terminé en but et je suis très heureux que Jakob ait pu marquer. C’est une passe décisive mais le plus important est surtout que ça nous a permis de sécuriser la victoire. »
Une première à Geoffroy-Guichard déjà marquante, malgré l’absence des kops
Sur ses débuts à domicile, disputés sans les kops, Csongvai décrit une expérience qu’il avait longuement anticipée avant même de signer dans le Forez. « C’était très spécial. Je m’étais renseigné avant de signer au club et j’étais impatient de jouer mon premier match dans ce stade. C’était un moment spécial pour moi, encore plus parce qu’on a réussi à prendre les trois points. »
Il conclut son intervention sur une note résolument tournée vers l’avenir, avec une hâte affichée de vivre pleinement l’ambiance du Chaudron dans sa configuration habituelle. « Je me souviendrai de cette soirée mais je suis vraiment impatient de connaître ce stade avec les kops. »
Rendez-vous samedi soir pour la réception de Grenoble, où Csongvai et ses coéquipiers tenteront de prolonger cette dynamique positive de deux victoires en deux journées, avec l’ambition affichée de continuer à progresser collectivement dans le système mis en place par Ian Cathro.

