FC Lorient : Montassar Talbi devrait hériter du brassard laissé vacant par Laurent Abergel, parti à Nice. Mais avant de se projeter, le défenseur tunisien attend des garanties sur l’avenir du club, désormais propriété unique de l’Américain BKFC depuis janvier 2026.
Un nouvel actionnaire, un projet encore flou
À 28 ans, Talbi entame sa cinquième saison à Lorient. Une longévité rare dans un effectif largement dégraissé chaque mercato, et qui lui vaut aujourd’hui d’être pressenti comme le successeur naturel de Laurent Abergel au brassard. Mais quand Loïc Féry évoquait au début de l’été une possible prolongation de son défenseur central, le principal intéressé n’a pas fermé la porte, sans non plus s’emballer.
« C’est sûr, je n’ai jamais fermé la porte. Au contraire, je suis toujours à l’écoute. On a eu des premières discussions qui n’ont pas forcément abouti », confie-t-il à Ouest-France. Le mercato lorientais, dit-il, reste « assez compliqué pour tout le monde, assez agité », entre priorités multiples et transition capitalistique.
Depuis janvier 2026, BKFC est l’unique actionnaire du club. Une donnée que Talbi place directement dans l’équation de son avenir : « Il y a aussi un nouvel actionnaire à Lorient. J’aimerais bien voir le projet, qu’il soit un tout petit peu plus clair pour pouvoir se projeter dedans » . Il tempère aussitôt en saluant le discours affiché par la nouvelle direction : « On veut garder cette identité de club, de la région. C’est le premier message qui est ressorti, donc c’est très intéressant ».
Le brassard, un rôle plus qu’un symbole au FC Lorient
Sur le plan sportif, la question du capitanat occupe une bonne partie de l’entretien. Talbi refuse de dramatiser l’héritage de Laurent Abergel, tout en reconnaissant le poids symbolique du numéro 6 parti à l’OGC Nice : « Laurent a été un capitaine emblématique. Il représentait ce club, cette ville. Ce n’est pas rien ». Sa méthode reste la même, brassard ou pas : « Je vais rester le même, lucide, très humble, et continuer à faire ce que je fais bien ».
Le défenseur insiste sur la dimension collective plutôt qu’individuelle du rôle. Accompagner les jeunes, prendre la parole au bon moment dans le vestiaire, sans forcer le trait : « Il ne faut pas faire trop de bruit trop longtemps. Mais tout simplement parler au bon moment ». Une philosophie héritée, selon lui, de Régis Le Bris, qui imposait déjà cet exercice de prise de parole aux cadres du groupe dès son arrivée au club.
Une Coupe du monde à digérer avant Nice
L’entretien revient aussi sur l’été compliqué de l’international tunisien, éliminé prématurément au Mondial avec la Tunisie (12 buts encaissés en trois matches). Un rendez-vous manqué qu’il ne cache pas avoir eu du mal à digérer : « Tu prépares une compétition qui est censée être le meilleur moment de ta carrière. Et on est passé au travers, tout simplement ».
La préparation décalée qui a suivi s’est ressentie physiquement. Talbi dit avoir mis du temps à retrouver le rythme, avant de boucler 90 minutes complètes lors du dernier match amical, une étape qu’il juge décisive avant le déplacement à Nice ce week-end.
FC Lorient : Ambitions personnelles et rêve européen
Sur le fond, le joueur ne cache pas son ambition à moyen terme. Costaud dans une saison passée qu’il juge parmi les plus abouties de sa carrière (29 matches de Ligue 1, 2 de Coupe de France), il ne ferme la porte à rien : « Dire non, ce serait un mensonge. Je suis très ambitieux, je ne l’ai jamais caché. Pourquoi pas atteindre des clubs qui jouent les compétitions européennes ? ».
En attendant, l’urgence reste contractuelle et sportive à la fois. Sous contrat un an de plus avec Lorient, Talbi assure ne pas se projeter sur un possible départ hivernal, tout en admettant que « l’économie dans le football français est assez difficile ». Le club et l’homme avancent, pour l’instant, sur la même ligne d’incertitude.


