ASSE écrase Grenoble 4-0, mais une blessure inquiète

par | Août 23, 2026 | Ligue 2

ASSE Saint-Etienne model

L’ASSE a signé un troisième succès de rangée en écrasant Grenoble (4-0) à Geoffroy-Guichard, confirmant son statut de leader invaincu de Ligue 2. Une soirée pourtant ternie par la sortie prématurée de Jakob Breum, touché aux ischio-jambiers.

Ian Cathro voulait la passe de trois après les succès à Sochaux (0-3) puis face à Clermont (3-1). Elle est arrivée sans discussion possible. Dès la 13ᵉ minute, Áron Csongvai ouvrait le score d’une tête plongeante sur corner, laissant Magnin statique au second poteau. Un scénario qui allait se répéter tout au long de la première période : 3-0 à la pause, sans que Grenoble ne parvienne jamais à inverser la dynamique.

Le tournant psychologique du match s’est joué avant même le repos. Sur la dernière action de la première mi-temps, l’ASSE scellait déjà la rencontre avec un troisième but, laissant à Grenoble le sentiment amer d’avoir concédé un match plié en moins de 45 minutes. Une gestion collective qui n’a rien laissé au hasard, tant dans l’exécution offensive que dans la maîtrise défensive.

ASSE : Csongvai, la révélation qui coche toutes les cases

S’il ne fallait retenir qu’un seul nom de cette soirée, ce serait celui du Hongrois. Auteur du premier but, Áron Csongvai a ensuite été directement impliqué dans le troisième, son coup franc puissant repoussé trouvant la course de Cardona en toute fin de première période. Entre les deux, le milieu stéphanois a multiplié les passes profondes pour casser les lignes grenobloises, tout en assurant des tâches défensives essentielles, dont une récupération haute à l’origine directe du 2-0.

Ses appels répétés au second poteau sur corner, sa présence dans les duels et sa capacité à alterner sans effort entre percussion offensive et repli défensif dessinent le profil d’un joueur devenu, en trois journées à peine, l’un des cadres incontournables du onze de Ian Cathro. Une prestation jugée quasi complète sur tous les compartiments du jeu par l’ensemble des observateurs présents à Geoffroy-Guichard.

Une défense verrouillée pour la deuxième fois en trois journées

Derrière, le bloc stéphanois n’a laissé filtrer aucune inquiétude. Kévin Pedro, Julien Le Cardinal, Sohaib Naïr et Maxime Bernauer ont géré leurs duels sans trembler, parfaitement couverts par un Csongvai omniprésent en couverture devant eux. Aucune période de flottement n’a été concédée, malgré un score qui, statistiquement, aurait pu inciter à lever le pied.

C’est le deuxième clean sheet de l’ASSE en trois journées de championnat, une donnée qui confirme la solidité structurelle du groupe stéphanois derrière une animation offensive déjà très aboutie. Grenoble n’a jamais réellement réussi à installer le doute dans les têtes stéphanoises, un constat que confirmera plus tard l’entraîneur grenoblois lui-même en zone mixte.

ASSE : Une attaque qui refuse de gérer son avance

Ce qui frappe dans cette victoire, c’est l’absence totale de gestion une fois l’écart créé. Sur le 2-0, Cardona centre pour Ballo, qui n’a plus qu’à conclure. Puis, dans le dernier quart d’heure, Davitashvili combine avec Boakye pour inscrire un quatrième but qui n’avait plus vraiment d’utilité comptable, sinon celle d’enfoncer un peu plus Grenoble. Entre-temps, Stassin et Duffus ont eux aussi eu leurs occasions, preuve que l’ASSE n’a jamais coupé le pied de l’accélérateur, y compris à 4-0.

Cette propension à continuer d’attaquer même en confort total est un signal fort envoyé aux concurrents du championnat. Elle traduit une identité de jeu clairement établie par Ian Cathro dès l’intersaison, où la gestion passive n’a jamais fait partie du logiciel tactique.

ASSE : Frapolli, un constat lucide et sans excuse

Côté grenoblois, Olivier Frapolli n’a pas cherché à minimiser l’écart au micro de beIN Sports. « Que Saint-Étienne nous soit supérieur, ce n’est pas une surprise. Mais la frustration vient du fait qu’ils n’ont même pas eu à s’employer pour faire la décision », a-t-il reconnu, pointant les deux buts concédés sur coups de pied arrêtés et les deux autres sur pertes de balle.

L’entraîneur du GF38 a insisté sur la jeunesse de son effectif pour expliquer, sans s’en servir comme excuse, la difficulté à tenir le rythme imposé par les Verts : « C’est vrai qu’on a une équipe qui est très jeune. En deuxième mi-temps, il y avait très peu de matchs de Ligue 2 cumulés sur le terrain ». Il a également salué la maîtrise stéphanoise sur la durée, y compris après avoir fait le break : « Tu sens que même à 3-0, ça ne s’enflamme pas. Ça reste sérieux, ça veut continuer à marquer le quatrième, le cinquième ».

Frapolli a résumé la nature du problème rencontré par son équipe face à un tel niveau d’exigence : « Ils sont redoutables parce qu’ils sont bons en possession, ils sont bons en transition et ils sont bons sur coups de pied arrêtés. Ça commence à faire beaucoup ». Un aveu qui en dit long sur l’armada offensive et défensive assemblée dans le Forez cet été.

Breum, l’ombre au tableau d’une soirée pourtant parfaite

Difficile de trouver un vrai point noir dans un 4-0 aussi maîtrisé. Il concerne pourtant l’un des hommes les plus en vue du début de saison stéphanois. Jakob Breum, décisif lors de ses trois premières sorties sous le maillot vert (but à Sochaux, passe décisive contre Clermont, corner parfait pour la tête de Csongvai face à Grenoble), a dû quitter la pelouse dès la 27ᵉ minute, en boitant.

Le milieu danois de 22 ans, remplacé par Zuriko Davitashvili, laisse planer une inquiétude sur son état physique à quelques jours d’un déplacement à Dijon. Interrogé en conférence de presse dans des propos relayés par Ici Saint-Étienne Loire, Ian Cathro a confirmé la nature de la blessure : « Jakob Breum a ressenti une petite raideur musculaire au niveau des ischios ».

L’entraîneur stéphanois a justifié une sortie précoce par précaution plutôt que par nécessité immédiate : « On a pris une décision par précaution pour le protéger et ne pas prendre de risque. Il ne faut pas forcer quand on a ce genre de sensation ». Une gestion prudente qui traduit la volonté du staff de ne pas prendre le moindre risque avec un joueur devenu, en trois matches à peine, l’un des maillons offensifs les plus précieux du dispositif stéphanois.

Sur le calendrier à venir, Cathro se veut rassurant sans pour autant écarter le doute : « On va gérer cela calmement dans les prochains jours, mais j’espère qu’on s’y est pris à temps ». Il a conclu son point sur la question en résumant l’enjeu de gestion physique auquel son groupe est confronté en ce début de saison à rythme soutenu : « On cherche à amener tout le monde à sa meilleure condition physique. La pire chose qui puisse arriver dans ce processus, ce sont les pépins musculaires. C’est la mauvaise nouvelle de la soirée, en espérant l’avoir sorti au bon moment ».

Cathro, entre satisfaction collective et exigence permanente

Au-delà du cas Breum, l’entraîneur stéphanois a livré une analyse posée de la prestation de ses joueurs. Il a d’abord salué l’intensité du début de match : « On a fait les 20 premières minutes avec beaucoup de dynamique, d’intensité et avec de la qualité aussi », avant de pointer la régularité affichée sur la durée, notamment en seconde période : « J’ai trouvé l’équipe, surtout en deuxième période, vraiment connectée. On était vraiment déterminés à ne pas laisser d’espace à l’adversaire ».

Cathro a également tenu à recontextualiser les ambitions de son groupe, refusant tout triomphalisme malgré l’invincibilité conservée après trois journées : « Je l’ai dit avant, on ne cherche pas à être la meilleure équipe défensive ou la meilleure équipe en attaque. On essaie de travailler chaque jour et chaque moment du match pour atteindre le meilleur niveau possible ». Une philosophie de progression continue qu’il a étendue au-delà du strict aspect sportif, évoquant la construction d’un vrai collectif : « Je crois vraiment que mes joueurs sont dans le processus de devenir une vraie équipe et c’est super ».

Interrogé sur les chants d’« Olé » descendus des tribunes de Geoffroy-Guichard pendant la démonstration stéphanoise, l’Écossais a livré une réponse sans détour, fidèle à son habitude de dire les choses directement : « Je ne pensais pas que c’était le bon moment. Je dis toujours ce que je pense, donc essayez de me comprendre ». Une remarque qui traduit l’exigence permanente réclamée par le technicien, y compris dans les soirées de large succès.

ASSE : Un début de saison qui installe un vrai rapport de force

Trois journées, trois victoires, dix buts marqués, deux clean sheets : les chiffres de ce début d’exercice stéphanois parlent d’eux-mêmes. L’ASSE occupe la tête du classement depuis la première journée et n’a, pour l’instant, montré aucun signe de faiblesse structurelle, que ce soit dans le registre défensif ou dans sa capacité à multiplier les situations dangereuses.

Reste que la marge de progression évoquée par Cathro lui-même laisse entendre que le plus dur, à savoir tenir cette régularité sur la durée d’une saison de Ligue 2, reste à venir. La gestion du cas Breum dans les prochains jours, avant un déplacement à Dijon qui s’annonce déjà comme un test de constance, donnera un premier indice sur la capacité du groupe stéphanois à absorber les pépins physiques sans rompre sa dynamique.

Source : Peuple Vert, beIN Sports, Ici Saint-Étienne Loire

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Thomas Delcourt

Thomas Delcourt

Journaliste spécialisé Ligue 1, Ligue 2 et mercato sur Morning Foot.

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