Grégory Lorenzi quitte le Stade Brestois et devrait rejoindre l’Olympique de Marseille. Une promotion logique pour l’un des meilleurs directeurs sportifs de Ligue 1. Une excellente nouvelle pour l’OM ? A voir. Une perte immense pour Brest, c’est certain.
Lorenzi à l’OM : le bon profil au bon moment ?
Sur le papier, le profil de Grégory Lorenzi est difficile à critiquer. À Brest, il a construit quelque chose de rare dans le football français : un projet cohérent, patient, bâti sur des choix intelligents plutôt que sur des dépenses extravagantes. Mahdi Camara à Saint-Étienne, Pierre-Lees Melou à Norwich, Hugo Magnetti, Marco Bizot à l’AZ. Des joueurs pas forcément bankables sur le marché, mais parfaitement intégrés dans un collectif qui a fini par atteindre la Ligue des Champions. Avec un plafond de dépenses jamais supérieur à 5 millions d’euros par recrue.
Brest : Un jackpot inattendu pourrait tomber
Sa capacité à valoriser les joueurs pour les vendre au prix fort est tout aussi remarquable. Il est à l’origine des six plus grosses ventes de l’histoire brestoise : Faivre à l’OL pour 15M€, Diallo à Southampton pour 12M€, Brassier à Rennes pour 12M€, Perraud à Southampton pour 12M€. TransferRoom lui attribue le meilleur retour sur investissement mondial des directeurs sportifs avec 364% de ROI. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Rien que ça.
L’OM, une autre planète en Ligue 1
La vraie question n’est pas de savoir si Lorenzi est bon. Il l’est. La question, c’est de savoir si ce qui a fonctionné à Brest peut fonctionner à Marseille. Ce sont deux mondes incompatibles sur presque tout : les attentes, la pression médiatique, l’impatience des supporters, la culture du résultat immédiat.
Lorenzi sait construire des collectifs cohérents avec des profils complémentaires plutôt qu’empiler des noms. À l’OM, il lui sera peut-être reproché de ne pas faire de « noms ». Aura-t-il le temps d’installer sa philosophie, ou les résultats immédiats prendront-ils le dessus avant même qu’il ait pu poser ses bases ? Diplômé du CDED de Limoges avec un parcours de manager général, il a la formation et la méthode. Reste à savoir si le contexte marseillais lui laissera le temps de s’en servir.
Une perte immense pour Brest
Si l’annonce est une bonne nouvelle pour l’OM, elle représente un coup dur considérable pour Brest. Lorenzi n’est pas un directeur sportif parmi d’autres pour le club finistérien. Il en est l’architecte. C’est lui qui a conçu l’effectif qui a participé à la Ligue des Champions, lui qui a créé les conditions pour que Eric Roy puisse exprimer son football, lui qui a su vendre au bon moment et recruter intelligemment avec peu.
Trouver un successeur de ce calibre à Brest sera un défi immense. Les clubs qui perdent leur directeur sportif clé après une montée en puissance peinent souvent à maintenir le cap. Reims après Mathieu Lacour, Lens dans une moindre mesure. Brest devra faire attention à ne pas connaître le même sort.
Lorenzi arrive à l’OM avec une réputation solide et une méthode prouvée. Comme toutes les recrues qui débarquent à Marseille, il devra confirmer dans un contexte bien différent de tout ce qu’il a connu jusqu’ici.


