Julien Lachuer s’est exprimé pour la première fois en tant qu’entraîneur principal du Stade Brestois ce lundi. Successeur d’Eric Roy, décédé d’un cancer le 17 juin, l’ancien adjoint a fixé le cap : maintien, continuité, et trois postes à combler sur le marché. Un discours sobre, chargé d’émotion contenue.
Passer après Eric Roy. La formule résume tout le poids de cette conférence de presse. Lachuer n’a pas esquivé le sujet. « Ça va être difficile de faire mieux. C’était un entraîneur bienveillant, qui arrivait à fédérer autour de lui. Jusqu’au dernier souffle, il pensait au club. On va essayer de lui rendre hommage pour performer avec le staff. » Et plus directement encore : « Forcément, j’aurais aimé qu’il soit là. Je me sens prêt, je me sens courageux. Passer après Eric, sans Gregory Lorenzi, ce n’est pas quelque chose de simple. »
Brest : maintien comme objectif, état d’esprit comme socle
L’objectif affiché est clair et sans détour. « Notre objectif, c’est le maintien », a posé Lachuer d’emblée, avant d’ajouter la notion qui semble structurer toute sa vision du groupe : retrouver « cette constance dans cet état d’esprit collectif » qui avait porté Brest en Ligue des champions. « On avait envie de retrouver le terrain, et surtout cet état d’esprit. Je les ai eus au téléphone après le décès d’Eric pour retrouver cet état d’esprit qui nous a menés en Ligue des champions, qu’on avait un peu perdu en fin de saison. »
Le noyau dur sera préservé autant que possible. « Je suis le garant de cet état d’esprit collectif. Il y a eu des départs importants, je vais tout faire pour garder ce noyau dur. » Mais Lachuer n’est pas naïf sur les réalités du marché.
Magnetti, Ajorque, Baldé : les cas épineux de l’été
Sur Martin Magnetti, courtisé cet été, le coach a livré une position nuancée : « Je compte sur lui. Ce sont des joueurs qui ont l’amour du maillot. Ce n’est pas ma volonté qu’il parte. Maintenant, je ne suis pas dupe, s’il y a des offres… » La porte est fermée côté Lachuer. Elle pourrait s’ouvrir côté marché.
Ajorque, lui, est clairement positionné comme le référent offensif : « Ajorque est le leader technique de cette équipe. » Mama Baldé est attendu au tournant : « Mama Baldé doit en faire un peu plus. » Un message public, direct, sans détour.
Lucas Reynaud, parti à l’ASSE cet été, a été évoqué avec regret : « Pour être honnête, je voulais qu’il reste. J’ai passé plusieurs appels avec lui et son agent. Mais c’est son choix. »
Trois postes ciblés, un groupe de 20 joueurs visé au Stade Brestois
Lachuer a détaillé ses besoins sur le mercato sans ambiguïté : « Il nous faut des recrues. Un poste de défenseur central est ciblé, un milieu et un excentré gauche. » Dans les buts, la situation est également à régler : « On a décidé d’avoir un groupe de 4 gardiens. Aujourd’hui, on n’en a que trois. Donc on recherche sur le poste de n°2, quelqu’un d’expérimenté. Grégoire va commencer la saison. »
La philosophie du groupe cible est posée : 20 joueurs de champ maximum, hors gardiens, avec de la place pour les jeunes à condition qu’ils la méritent. « C’est à eux de gagner leur place. Je suis attentif pour voir émerger les jeunes talents, tout en gardant l’ADN du club. »
Pas de stage cette saison. Une préparation à domicile, avec Al-Wakrah, Venise et Nottingham Forest au programme des amicaux. « On ne part pas en stage cette année, donc on voulait changer un peu d’atmosphère pour sortir les joueurs de leur zone de confort. »
Lachuer prend les rênes d’un club endeuillé, avec un effectif à remodeler et une Ligue 1 à aborder sans se raconter des histoires. Premier discours sobre et honnête. La suite se construira match après match.
Source : Ouest-France (Jules Cohu) / Conférence de presse Stade Brestois


