La FFF vient de publier son évaluation annuelle des centres de formation pour la saison 2025-2026. Trente-trois clubs professionnels passés au crible selon cinq critères, un palmarès qui confirme des hiérarchies attendues et révèle quelques surprises. Le PSG écrase la Ligue 1, Troyes domine la Ligue 2, et l’ASSE décroche un résultat encourageant malgré le contexte difficile de sa saison en deuxième division.
Le verdict de la Direction technique nationale ne souffre guère la surprise en haut de tableau. Le Paris Saint-Germain obtient la meilleure note de Ligue 1 avec 4,55 étoiles, porté par ses résultats exceptionnels en professionnalisation et en représentation européenne, deux critères où le club de la capitale surclasse l’ensemble de la concurrence. Derrière le PSG, le Toulouse FC décroche 4,25 étoiles et confirme son statut de centre de formation à la pointe du football français, avant un podium complété par l’Olympique Lyonnais et le Stade Rennais, ex-aequo à 4,10 étoiles.
Ligue 1 : Le PSG en tête
La hiérarchie du reste du tableau en Ligue 1 reflète davantage de nuances. Monaco (4 étoiles) et Nantes (3,75) figurent dans le haut du classement, portés notamment par leurs sélections nationales et leur scolarité, deux critères où les deux clubs brillent. Nice et Strasbourg s’inscrivent dans la bonne moyenne, quand des clubs comme Marseille, Brest ou Lorient accusent un retard significatif sur plusieurs indicateurs, en particulier le temps de jeu en équipe première, critère le plus révélateur de la capacité réelle d’un centre à développer des joueurs jusqu’au niveau professionnel.
La méthode d’évaluation, cinq critères pour mesurer l’efficacité réelle
Ce classement publié ce lundi s’appuie sur une évaluation arrêtée au 31 mai 2026, menée par la DTN tout au long de la saison. Cinq critères structurent le jugement : la professionnalisation, qui mesure le nombre de joueurs sous contrat professionnel signés ; le temps de jeu en équipe première du club formateur, pondéré par le coefficient UEFA ; les sélections nationales, toutes nations confondues ; la scolarité, comptabilisant les diplômes obtenus ; et la représentation européenne, qui évalue la présence des formés dans des clubs évoluant en compétitions UEFA. Pour situer la lecture : un centile ne suffit pas ici, c’est la combinaison de ces cinq piliers qui détermine la note globale sur cinq étoiles, validée par la commission nationale paritaire de la CCNMF le 30 juin.
L’exercice est désormais dans sa sixième édition consécutive, ce qui permet une lecture dynamique des progressions et des régressions. Les clubs qui investissent dans leur formation sur le long terme finissent toujours par le voir dans leurs notes, et inversement.
En Ligue 2, Troyes et Amiens devant, l’ASSE dans le top 3
Le classement de Ligue 2 réserve sa part de satisfaction pour le football de formation français. L’ESTAC Troyes décroche la première place de la division avec 3,43 étoiles, une performance remarquable pour un club dont le modèle formation-trading est revendiqué et structurant. Le centre auvergnat excelle notamment en professionnalisation et en sélections nationales, deux critères qui reflètent la capacité du club à produire des joueurs exportables.
Amiens suit avec 3,30 étoiles avant une troisième place partagée significative : l’AS Saint-Étienne obtient 3,08 étoiles. Un résultat d’autant plus notable que les Verts l’ont décroché en Ligue 2, avec le contexte d’une saison sportive compliquée, conclue par un barrage perdu contre Nice. La formation stéphanoise confirme qu’elle reste l’un des actifs les plus solides du club, avec des scores corrects en professionnalisation (4,25 étoiles, meilleure note de Ligue 2 sur ce critère) et en représentation européenne. Montpellier complète le haut de tableau de la division, tandis que Nancy, Bastia et le Stade Lavallois pointent en queue de peloton.
Sochaux surprend en National, Valenciennes bien classé
La section National du classement offre un éclairage intéressant sur des clubs qui investissent dans la formation malgré leur niveau de compétition. Le FC Sochaux-Montbéliard y décroche la meilleure note avec 3 étoiles, porté par son temps de jeu en équipe première et sa représentation européenne. Une performance qui explique en partie pourquoi le club doubiste génère régulièrement des transferts de ses formés, y compris dans des divisions inférieures. Valenciennes (2,25 étoiles) et Caen (2 étoiles) complètent un quatuor que Dijon ferme avec moins d’un étoile.
Ligue 1 – Ligue 2 : Ce que dit ce classement sur l’état de la formation française
Au-delà des chiffres, ce palmarès pointe des tendances structurelles. Le fossé entre une poignée de centres d’excellence et la majorité des clubs professionnels reste considérable, avec un groupe de dix à douze formations vraiment performantes sur les cinq critères et un long ventre mou qui peine à transformer ses investissements en joueurs de haut niveau. L’affaire Maykel Gomis, le jeune talent de 15 ans parti de Metz pour le RB Leipzig sans indemnité la semaine passée, illustre d’ailleurs parfaitement la pression croissante que font peser les clubs étrangers sur les centres français. Produire de bons joueurs ne suffit plus : il faut désormais les sécuriser, les convaincre, et parfois les retenir face à des offres que très peu de centres hexagonaux peuvent aligner. Ce classement mesure l’efficacité de la production. Il ne mesure pas encore le coût humain de la fuite des talents.
Source : FFF / LFP (Richard Loyant)


