Un ancien Vert pourrait faire son retour en Ligue 1. Selon le média turc Fanatik, l’OGC Nice s’intéresserait à Benjamin Bouchouari et préparerait une offre comprise entre 7 et 8 millions d’euros pour le milieu de Trabzonspor. Une information qui interroge autant qu’elle intrigue, tant le montant évoqué cadre mal avec la situation financière niçoise. Décryptage d’une piste qui mérite d’être maniée avec des pincettes.
Mercato OGC Nice : Bouchouari, la piste venue de Turquie
L’information a émergé ce dimanche dans la presse turque. D’après Fanatik, le Gym aurait manifesté son intérêt pour Benjamin Bouchouari et travaillerait sur une proposition de 7 à 8 millions d’euros. Trabzonspor, qui sort d’une saison au-delà de ses attentes en Süper Lig, pourrait envisager un départ en cas d’offre satisfaisante, dans le cadre de sa gestion du quota de joueurs étrangers. Le club turc réfléchirait déjà aux mesures à prendre au milieu en cas de vente.
Le Marocain de 24 ans, sous contrat jusqu’en juin 2028 et valorisé 5,5 millions d’euros par Transfermarkt, connaît bien la France : formé à Roda, il s’est fait remarquer sous le maillot de Saint-Étienne avant son transfert en Turquie. Un retour en Ligue 1 aurait donc du sens sur le papier. C’est dans les détails que le dossier se complique sérieusement.
Bouchouari : Une saison compliquée à Trabzonspor
Car le Bouchouari version Süper Lig n’a jamais retrouvé son niveau stéphanois. Les chiffres de son exercice 2025-2026 racontent une intégration ratée : 17 apparitions seulement, 41 minutes de moyenne par match, 705 minutes au total, zéro but et zéro passe décisive. Son indice de performance Data’Scout plafonne à 59, que ce soit dans un registre de récupérateur ou de meneur de jeu en retrait. Pour un joueur présenté comme un élément à 7 millions, le rendement interroge.
Le profil technique reste pourtant intact par séquences. Le droitier d’1m65 conserve ses fondamentaux de gratteur-porteur : 93e centile en passes en profondeur, en courses progressives et en accélérations brusques, 89 en dribbles tentés, 86 en passes vers le dernier tiers. Un rappel de lecture s’impose : un centile de 93 place le joueur devant 93 % de ses homologues au poste dans son championnat, sur une base de 90 minutes. Le moteur tourne encore, donc, mais le reste du tableau vire au rouge : 25 % de duels défensifs gagnés, 5 % dans les airs, des centiles famélique en passes clés (7) et une propension aux cartons jaunes (85e centile) qui trahit un joueur souvent en retard. La comparaison de ses deux dernières saisons confirme d’ailleurs une érosion générale du radar par rapport à son niveau stéphanois.

Un montant incompatible avec la réalité de l’OGC Nice
C’est là que l’information turque se heurte au mur des faits. L’OGC Nice doit vendre pour 40 millions d’euros avant de pouvoir engager le moindre transfert payant, comme L’Équipe le détaillait il y a quelques jours. Difficile, dans ces conditions, d’imaginer les dirigeants azuréens débourser 7 à 8 millions pour un joueur qui sort de 705 minutes en Turquie. Un prêt avec option d’achat semblerait un scénario nettement plus compatible avec les contraintes du Gym, si tant est que l’intérêt soit réel.
La projection Data’Scout dans l’effectif niçois ajoute une couche de doute. Avec une note simulée de 59, Bouchouari n’arriverait que quatrième de la hiérarchie des milieux, loin derrière Hicham Boudaoui (84) et Morgan Sanson (80). L’outil le décrit comme un apport de profondeur de banc qui devra se mettre au niveau pour peser, avec une adaptation tactique à prévoir tant le style niçois diffère de celui de Trabzonspor. Seule lueur cohérente : sa similarité de 77 % avec Boudaoui, dont il serait l’alternative la plus crédible. Or l’Algérien figure précisément parmi les joueurs que Nice espère vendre une dizaine de millions cet été. Vu sous cet angle, le dossier ressemblerait à une anticipation de succession, à prix cassé si possible.

Une piste à suivre avec prudence
Reste la question de la fiabilité de l’information. Fanatik est un média turc grand public dont les exclusivités mercato connaissent un taux de déchet conséquent, et l’affirmation d’une offre de 7-8 millions ne colle ni aux finances niçoises ni à la valeur actuelle du joueur. Le scénario le plus plausible, si la piste existe, reste celui d’une prise de renseignements en vue d’un montage moins coûteux, prêt payant ou option d’achat conditionnée.
Pour Bouchouari, en revanche, l’équation est limpide. À 24 ans, après une saison quasi blanche, le Marocain a besoin de jouer, et la Ligue 1 reste le championnat où il a montré son meilleur visage. Que ce soit à Nice ou ailleurs, un retour en France cet été aurait valeur de relance de carrière. Les suiveurs de Saint-Étienne, eux, observeront le dossier avec un pincement : le petit milieu du Forez vaut mieux que ses chiffres turcs.

Source : Fanatik via Transfermarkt / Data’Scout


