19 buts, 5 passes décisives, meilleur buteur de Ligue 1, joueur le plus décisif du championnat avec 24 contributions. Estéban Lepaul régale le Roazhon Park et attire l’Atlético de Madrid et le Napoli. Il y a dix-huit mois, il évoluait encore en National à Épinal. Les données Data’Scout éclairent une trajectoire qui défie toutes les logiques.
Estéban Lepaul (Rennes) : Le parcours qui rend l’histoire encore plus folle
Commençons par poser le contexte, parce qu’il est proprement sidérant. En janvier 2024, Estéban Lepaul jouait au SC Épinal en National — la troisième division française. Dix-huit mois plus tard, il trône en tête du classement des buteurs de Ligue 1 avec 19 réalisations, dont seulement 3 sur penalty. Il est le joueur le plus décisif du championnat avec 24 contributions — devant Mason Greenwood (21), Folarin Balogun (18) et loin devant le Ballon d’Or Ousmane Dembélé (16).
Mercato : L’Atlético Madrid fonce sur Esteban Lepaul (Rennes)
À 26 ans, après une carrière atypique qui l’a vu passer par Angers et Épinal, il s’inscrit dans la lignée des grands attaquants de l’histoire rennaise — Guivarc’h, Nonda, Wiltord, Terrier. Et Rennes ne l’aurait peut-être jamais recruté si Conrad Harder n’avait pas préféré rejoindre le RB Leipzig, où il végète avec à peine 2 buts en 28 matchs de Bundesliga. Le football est parfois magnifiquement absurde.
Ce que les données disent : un finisseur hors catégorie
Data’Scout ne laisse aucune ambiguïté. La pizza technique de Lepaul est celle d’un renard des surfaces pur et dur. Buts au 93e percentile — il marque plus que 93% des attaquants de son poste en Ligue 1. Tirs cadrés au 35e percentile — il cadre peu en valeur absolue, mais il transforme. xA au 89e percentile — il génère aussi des situations de but pour ses partenaires. Dribbles réussis au 72e percentile — il garde le ballon, il résiste à la pression.
Le profil physique complète le tableau. Distance en sprint au 94e percentile, courses à haute intensité au 69e, sprints au 92e — Lepaul est un attaquant qui sprint beaucoup, qui se projette en profondeur, qui épuise les défenses centrales par ses appels répétés. Sa pizza physique est celle d’un avant-centre moderne — mobile, intense, capable de répéter les efforts — pas d’un pivot statique qui attend les centres.

Niveau La Liga : «pour jouer le titre»
La projection Data’Scout vers la Liga est un signal fort. Projeté en Espagne, Lepaul atteint une performance de 91 — avec la mention explicite «niveau pour jouer le titre». À titre de comparaison, dans cette même projection, il se retrouve juste derrière Julián Álvarez (Atlético de Madrid, 91) et Mikautadze (Villarreal, 93). Ce n’est pas une projection modeste — c’est Data’Scout qui dit qu’Estéban Lepaul est un joueur de haut de tableau en Liga, pas un joueur de rotation.
La projection physique confirme que la transition serait fluide : vitesse max -4% par rapport à la médiane espagnole — un léger déficit compensé par ses courses à haute intensité qui progressent de +28%, ses distances en sprint +20%, son nombre de sprints +24%. Autrement dit, son style physique s’adapte naturellement aux exigences de la Liga.
Estéban Lepaul (Rennes) à l’Atlético : troisième dans la hiérarchie, devant Griezmann
La projection dans l’effectif de l’Atlético de Madrid est particulièrement éloquente. Lepaul pointerait au 3e rang de la hiérarchie offensive — derrière Sørloth et Julián Álvarez. Et surtout, il devancerait Antoine Griezmann moins à l’aise aujourd’hui dans un poste de buteur.
Estéban Lepaul (Rennes) à Naples : 2e derrière Giovane, devant Rasmus Højlund
La projection en Serie A vers Naples est tout aussi intéressante. Lepaul atteint une performance de 83 en tant que renard des surfaces — «niveau pour jouer le titre» là aussi. À Naples, il serait deuxième dans la hiérarchie avec une note de 91, derrière Giovane et devant Rasmus Højlund. Sa comparaison avec le Danois de Manchester United est révélatrice : Lepaul domine sur la finition (93 contre 66), l’aérien (55 contre 53) et l’endurance (83 contre 39). La Serie A serait donc une destination cohérente, même si le déficit physique par rapport à la médiane italienne est réel et devrait être comblé.
Rennes va devoir se battre pour le garder
Foot Mercato le confirme : la valeur marchande de Lepaul est estimée à 30 millions d’euros minimum, et elle pourrait encore grimper d’ici l’été. Rennes envisage une belle revalorisation salariale pour tenter de le retenir — le club breton n’a aucune intention de le vendre. Mais face à des intérêts concrets de l’Atlético de Madrid et du Napoli, la tâche sera compliquée.
Combien vaut réellement Estéban Lepaul ?
Foot Mercato l’estime à 30 millions d’euros minimum. Transfermarkt est plus prudent — la plateforme allemande l’évalue à 20 millions d’euros, une valeur atteinte pour la première fois le 27 mars 2026, après une progression fulgurante depuis une valeur quasi nulle il y a encore dix-huit mois. La courbe Transfermarkt est à elle seule un résumé de la trajectoire du joueur : un plateau plat pendant des années, puis une ascension verticale depuis son arrivée à Rennes. La vérité se situe probablement entre les deux estimations. Un attaquant de 26 ans, meilleur buteur de Ligue 1 avec 19 buts dont seulement 3 sur penalty, pisté par l’Atlético de Madrid et le Napoli, vaut mécaniquement plus que 20 millions sur le marché actuel. Mais Rennes partira d’un prix plancher de 30 millions et avec deux journées encore à jouer, Lepaul peut encore faire grimper sa cote. Chaque but supplémentaire est une négociation qui commence.
Les données Data’Scout donnent raison à l’intérêt européen. Lepaul n’est pas une bulle de Ligue 1 — c’est un attaquant dont le profil technique et physique est validé pour jouer le titre en Liga et en Serie A. À 26 ans, après un parcours atypique qui l’a vu passer par le National, il vit son moment. Et son moment est en train de devenir très grand.



