Stade Rennais : Défaite en amical, défenseur pointé du doigt, dossier mercato brûlant : le Stade Rennais vit un mois d’août chargé autour d’Abdelhamid Ait Boudlal. Auteur d’un match raté face à Brentford, le jeune défenseur marocain concentre autant les critiques sportives que les convoitises du marché des transferts.
La défaite rennaise face à Brentford (2-4) ce samedi 8 août n’a pas seulement révélé des lacunes collectives sur coups de pied arrêtés. Elle a aussi remis en lumière les limites actuelles d’Ait Boudlal, fautif sur plusieurs situations. Franck Haise n’a pas mâché ses mots après la rencontre, pointant du doigt son défenseur sur les phases arrêtées qui ont fait mal au SRFC, à Istanbul comme au Roazhon Park.
« Je suis d’autant plus embêté que c’est notamment Abde qui avait été en partie fautif à Galatasaray, qui l’est aussi au marquage sur le premier but de Brentford, et qui est l’un de nos meilleurs joueurs de tête, si ce n’est le meilleur avec Charlie Cresswell. Donc si nos meilleurs joueurs de tête, et des joueurs agressifs à la base, ne répondent pas, c’est un problème », a pesté le coach rennais. Un constat sévère qui replace la question de la fiabilité défensive du jeune international marocain au centre des préoccupations, à quelques semaines de la reprise du championnat.
Le Stade Rennais ferme la porte, Fulham à l’affût
Le contexte sportif s’entremêle avec un dossier mercato particulièrement suivi. Convoité notamment par Fulham, Ait Boudlal fait l’objet d’un intérêt marqué de plusieurs clubs anglais, sans que le Stade Rennais ne bouge sur sa position. Le club breton a déjà refusé une première offre pour son défenseur, qui n’a plus que deux ans de contrat, et s’est montré extrêmement ferme sur le sujet : pas question d’un départ cet été. « Il n’y a pas de sujet », avait tranché Franck Haise jeudi dernier. « D’abord, il ne m’en a pas parlé (d’une volonté de départ). Il est là, bien là, il a deux ans de contrat et on compte sur lui. »
Le dossier se complique néanmoins en interne. Le changement d’agents du joueur aurait rendu les échanges entre les parties plus délicats, et le souhait d’une prolongation émis par le club rennais serait pour l’instant au point mort. Une situation qui contraste avec la fermeté affichée publiquement, et qui illustre la difficulté à gérer un talent courtisé tout en cherchant à sécuriser son avenir contractuel sur la durée.
Un profil encore en construction, mais un potentiel réel
Les chiffres de la saison passée en Ligue 1 dessinent le portrait d’un défenseur au profil atypique, encore loin de la régularité attendue mais doté d’atouts athlétiques rares pour son poste. Ait Boudlal affiche des centiles impressionnants sur le plan physique : 97 au centile nombre de sprints, 96 en distance parcourue en sprint et 86 en distance à haute intensité, des données qui expliquent en partie l’engouement des courtisans anglais pour ce profil de défenseur moderne, capable de couvrir énormément de terrain.
Le rapport Data’Scout le classe #41 Ligue 1 sur l’indice Défenseur Moderne et #23 sur l’indice Défenseur Athlétique, avec une note de 70 sur les deux registres. Trois profils de référence européenne sont associés à son style de jeu : Leny Yoro (Manchester United, 79% de similitude), Federico Gatti (Juventus, 75%) et Igor Zubeldía (Real Sociedad, 75%), des noms qui témoignent du potentiel identifié malgré les lacunes actuelles.
Les axes de progression au Stade Rennais ou ailleurs
Le constat de Franck Haise après Brentford trouve un écho direct dans les données. Sur le plan purement défensif, Ait Boudlal affiche seulement 31% de duels défensifs gagnés et 14 au centile tacles glissés, deux indicateurs nettement en retrait. Sa construction de jeu reste également perfectible, avec 15 aux passes longues et 8 aux passes progressives, des chiffres qui confirment le déchet technique régulièrement pointé du doigt. Les axes d’amélioration identifiés par Data’Scout rejoignent ce diagnostic : du déchet dans les passes progressives, du déchet dans les passes longues, et un volume de tacles jugé insuffisant.
Un pari sur l’avenir plus qu’une certitude immédiate
À 20 ans et valorisé à 14 millions d’euros par Data’Scout, Ait Boudlal reste un profil en développement, avec de vraies qualités balle au pied et face au jeu, mais des défauts récurrents, notamment en matière de concentration sur les phases arrêtées. La vocation d’un club comme Rennes est aussi d’accepter quelques pots cassés dans la stratégie de développement de ses meilleurs jeunes talents, avant qu’ils ne découvrent le grand monde, en Angleterre ou ailleurs. Reste à savoir si cette philosophie tiendra jusqu’à la fermeture du mercato, le 1er septembre.

Source : Ouest-France, Data’Scout


