Breel Embolo arrive de Rennes avec une Coupe du Monde en ligne de mire et des ambitions clairement affichées. L’attaquant suisse s’est longuement confié avant l’entrée en lice de la Nati dans le tournoi. Portrait d’un joueur qui a grandi, qui assume ses responsabilités et qui ne cache pas ce qu’il veut.
Embolo : Un leader qui a mûri
Troisième Coupe du Monde pour Embolo. Le statut a changé. «Avant, j’étais plus jeune, avec moins de responsabilités, mais j’ai aussi gagné en maturité. Aujourd’hui, j’essaie d’apporter de la positivité.» À Rennes, c’est exactement ce profil que le club est allé chercher l’été dernier : un attaquant expérimenté, capable de peser dans un vestiaire et de faire progresser les jeunes autour de lui.
La pression du grand rendez-vous, il la connaît. «Il y a toujours cette pression. L’hymne, le stress, toute la médiatisation autour de la Coupe du monde. Mais une fois sur le terrain, on a envie de tout donner pour représenter son pays et rendre fier son entourage.» Ce rapport à l’exigence, construit en dix ans de sélection, est l’un de ses atouts les plus précieux.
Des objectifs élevés avec la Suisse
La Nati est placée dans le groupe B face au Qatar, à la Bosnie-Herzégovine et au Canada. Embolo ne cache pas l’ambition collective. «L’objectif sera de finir premier du groupe.» Et au-delà ? Faire le meilleur parcours de l’histoire de la Suisse, soit dépasser les quarts de finale atteints en 1934, 1938 et 1954. «C’est l’objectif. C’est peut-être plus simple lorsqu’on joue contre des grandes nations et qu’on ne craint pas de perdre un statut. Mais c’est aussi l’ambition et l’objectif de tout le groupe.»
Rennes va récupérer un chèque de minimum 10 millions d’euros
Ce groupe, il le connaît par cœur. Dix à douze ans de continuité dans le noyau, une génération Xhaka installée au plus haut niveau européen, et des jeunes qui arrivent avec la même exigence. «Ce qui m’a marqué, c’est qu’on s’est qualifié face au Kosovo sans vraiment célébrer. Cela montre bien le niveau d’exigence qu’on s’impose.» Il cite Johan Manzambi (SC Fribourg) comme le jeune talent à surveiller dans ce tournoi.
Ce que Rennes a recruté
Le souvenir du 6-1 contre le Portugal en 2022 est là. «Ils étaient meilleurs dans tous les aspects, même si le score est sévère. En Coupe du Monde, on n’a pas de deuxième chance.» Cette capacité à digérer les revers et à rebondir dit quelque chose sur le caractère du joueur. À Rennes, dans un projet de reconstruction, c’est exactement la mentalité attendue d’un attaquant numéro un.
Embolo arrive libéré, expérimenté, motivé. Le Stade Rennais tient un homme qui sait ce que gagner veut dire.


