C’est officiel. Carles Martinez Novell ne prolongera pas à Toulouse. Le club haut-garonnais a officialisé ce mercredi la séparation avec son entraîneur espagnol, libre en juin. Un départ sans esclandre, présenté comme « la meilleure solution pour le club ». Les chiffres confirment-ils ce diagnostic ? Analyse d’un bilan en demi-teinte.
Trois ans, trois maintiensn un bilan chiffré
Martinez Novell arrive à Toulouse en juin 2023 en remplacement de Philippe Montanier — ironie du sort, c’est Montanier qui dirige aujourd’hui Saint-Étienne, club contre lequel le TFC joue sa fin de saison. En trois ans sur le banc toulousain, le Catalan de 41 ans aura disputé 118 matchs toutes compétitions confondues.
Le bilan : 42 victoires, 30 nuls, 46 défaites. Soit 35,6% de victoires et une moyenne de 1,32 point par match. Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes — corrects pour un club qui n’a pas vocation à jouer le haut de tableau, insuffisants pour prétendre à mieux. À titre de comparaison, la barre des 1,5 point par match correspond généralement à un club qui vise le milieu de tableau supérieur. Toulouse reste en dessous.
Trois maintiens acquis sans difficultés majeures — voilà le legs principal de Martinez Novell. Dans le contexte d’un club récemment racheté par RedBird Capital Partners et en phase de reconstruction, c’est déjà une réussite relative. Mais le TFC voulait davantage, et les résultats récents ont montré les limites du projet.
Le point noir : des résultats à domicile catastrophiques
Le chiffre qui fait mal, c’est celui des matchs à domicile. Sur 50 rencontres jouées au Stadium de Toulouse, le bilan est le suivant : 13 victoires, 18 nuls, 19 défaites. Soit 26% de victoires à domicile — un ratio indigne d’un club de Ligue 1 qui se respecte. Perdre plus de matchs à domicile qu’on n’en gagne, sur trois ans, c’est structurellement problématique.
Ce décrochage à domicile est d’autant plus surprenant que Toulouse dispose d’un Stadium avec une belle ambiance et d’un public qui pousse. L’incapacité à transformer l’avantage du terrain en points a coûté cher au TFC dans la course aux places européennes — et a contribué à fragiliser la position du coach en fin de saison.
Martinez Novell : La méthode remise en cause
Au-delà des chiffres, c’est la méthode qui a posé problème en fin de cycle. Un membre du club résumait la situation avec une formule parlante : « Le coach est devenu plus manager. Ça a provoqué des réactions, c’est inévitable dans la vie d’un groupe. » Autrement dit, Martinez Novell s’est progressivement éloigné du terrain pour prendre une posture plus distante, ce qui a créé des frictions dans le vestiaire.
La direction du TFC, qui qualifiait encore son travail de « succès » il y a deux mois, a vu sa vision évoluer ces dernières semaines. Sans remettre en cause ses idées tactiques, c’est bien l’aspect humain et managérial qui a pesé dans la décision finale. Un classique dans le football — les meilleurs techniciens ne sont pas toujours les meilleurs gestionnaires d’un groupe sur la durée.
Gérone en ligne de mire pour Martinez Novell
Pour Martinez Novell, la suite s’écrit probablement en Espagne. Le club de Gérone, en Liga, le cible selon nos informations — et le Catalan n’est pas insensible à l’idée de rentrer dans sa région natale, où sa famille est installée. Un projet en Liga représenterait une belle marche à franchir pour un entraîneur qui a découvert le poste de numéro 1 à Toulouse et qui a su tenir le club en Ligue 1 pendant trois saisons.
Sa victoire contre Liverpool en Ligue Europa (3-2, novembre 2023) restera comme le moment le plus emblématique de son passage — une soirée européenne qui avait mis en valeur ses qualités tactiques dans les grands matchs.
Qui pour succéder à Martinez Novell ?
La question de la succession est déjà ouverte. Olivier Pantaloni, en partance de Lorient, s’est rapidement dégagé comme profil prioritaire — mais le Corse n’a pas encore reçu d’approche officielle du TFC. Jordan Galtier, adjoint à Toulouse et bientôt titulaire du BEPF, pourrait également être une option interne. Christophe Pélissier, sous contrat avec Auxerre, est également cité.
Toulouse s’apprête à vivre son quatrième entraîneur depuis le rachat par RedBird en 2020. Un turnover important pour un club qui cherche à se stabiliser. Le choix du successeur sera déterminant pour savoir si les Violets veulent simplement maintenir le cap — ou enfin franchir un palier.
Les chiffres de Martinez Novell ne mentent pas : correct, solide, mais jamais brillant. Toulouse avait besoin de mieux. Le départ était la bonne décision.
Source : Sofascore


