Philippe Montanier a pris la parole au micro de beIN Sports quelques minutes après le coup de sifflet final. Quatre mois à la tête de l’ASSE, un barrage perdu 4-1, et un homme qui a choisi les mots justes plutôt que les excuses faciles. Le technicien stéphanois a regardé la réalité en face, rendu hommage à Nice, et ouvert la porte de la reconstruction sans esquiver les questions les plus difficiles.
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Nice était supérieur, Montanier (ASSE) le dit
Pas de langue de bois. Pas de déni. Montanier a ouvert sa réaction par un constat net : « Je pense que Nice a été supérieur ce soir. Ils ont marqué quatre buts et se sont créé davantage d’occasions que nous. »
Il a reconnu une frustration ponctuelle, ce but encaissé sur une touche qui aurait dû revenir aux Verts. « Je reste contrarié par ce but encaissé sur une touche alors que celle-ci était en notre faveur. Le football est parfois cruel. » Mais il n’a pas transformé ce détail en excuse. « Sur l’ensemble du match, Nice mérite sa qualification parce qu’il s’est montré plus tranchant offensivement. Nous n’avons jamais lâché, nous sommes revenus dans la partie, mais il faut reconnaître qu’ils ont été meilleurs. »
Un entraîneur qui admet la défaite sans chercher à la maquiller. Le genre de discours rare qui respecte autant l’adversaire que ses propres joueurs.
Le regret principal de l’ASSE : ne pas avoir fait le boulot avant
Montanier a identifié le vrai problème, celui qui existait bien avant ce barrage. « Mon plus grand regret, c’est que nous devions monter avant. Il y a des matchs que nous aurions dû gagner et qui nous échappent. Si nous avions fait le nécessaire à ce moment-là, nous n’aurions pas eu à passer par les barrages. »
Une fois dans le format barrage, tout devient plus aléatoire. Face à une équipe comme Nice, habituée aux grands enjeux et armée de joueurs formés au très haut niveau, le ticket d’entrée est élevé. « Nous affrontions une équipe qui disputait encore les qualifications de la Ligue des champions en début de saison et qui possède des joueurs habitués au très haut niveau, comme Elye Wahi. Nous savions que ce serait difficile. Malgré cela, les joueurs se sont battus jusqu’au bout avec leurs moyens. »
Les blessures comme paramètre, pas comme excuse
Montanier a évoqué les absences qui ont pesé sur ses quatre mois à la tête du club, sans en faire un paravent systématique. « Pour réussir, il faut aussi pouvoir compter sur ses meilleurs joueurs. Nous avons été privés longtemps de joueurs importants. Mahmoud Jaber ou Florian Tardieu, par exemple, n’ont pratiquement pas pu être utilisés durant les quatre mois que j’ai passés ici. »
Des joueurs clés, absents sur la ligne droite, au moment où l’équipe avait le plus besoin de ses cadres. Le technicien ne transforme pas cette réalité en explication définitive, mais il la pose sur la table comme un élément à analyser sérieusement.
La reconstruction comme horizon, pas la déploration
Le passage le plus fort de son intervention est venu quand il a tourné la tête vers l’avenir. « L’échec, c’est de rester à terre après une chute. Il faudra prendre le temps d’analyser cette saison. Peut-être qu’elle constituera une étape importante pour bâtir quelque chose de solide. Le succès ne se décrète pas, il se construit. Cette année doit servir de fondation pour la suite. »
Et sur la ferveur stéphanoise qui rend la déception encore plus lourde : « Dire que nous sommes tristes ou malheureux ne changera rien pour les supporters. Ce qu’ils veulent, c’est voir l’AS Saint-Étienne en Ligue 1. Il faudra s’appuyer sur cette saison, aussi douloureuse soit-elle, pour construire et revenir plus fort. »
Sur sa propre situation personnelle, lui dont l’avenir au club reste incertain, il a tranché net : « Ma situation personnelle n’a aucune importance ce soir. Ce serait même indécent d’en parler alors que la déception est immense pour nos supporters, nos dirigeants et nos joueurs. »
Montanier ne sait pas encore s’il sera là la saison prochaine. Ce soir, il a surtout montré qu’il savait ce qu’est un entraîneur digne.
Source : beIN Sports


