Ligue 2 : ASSE, Nancy, Amiens, Clermont, les révélations chocs

par | Mai 20, 2026 | Ligue 2

Ligue 2 Molina

Romain Molina a livré son bilan de la saison de Ligue 2, et il n’a pas fait dans la dentelle. Des clubs à la dérive, des directions déconnectées, des destins contrastés : le journaliste décrypte une division où le football se joue autant dans les bureaux que sur les pelouses. Tour d’horizon complet, du dernier au premier.

Amiens, descente en National : la chute d’un club à l’abandon

Personne ne sera surpris. Amiens descend en Ligue 3 et Romain Molina le dit sans détour : cela faisait des années que ça pendait au nez du club picard. Des coupes budgétaires sur des postes stratégiques, des déficits structurels de 8 à 10 millions d’euros par an, des conflits internes permanents, une direction de moins en moins investie dans son propre projet. Le journaliste pointe également des questions sur certaines dépenses et des relations avec des sociétés tierces qui méritent selon lui une analyse approfondie. La médiocrité générale du bas de tableau avait jusqu’ici protégé Amiens d’une sanction méritée depuis longtemps. Cette saison, Bastia, avant-dernier, a réalisé une fin de saison trop décevante pour offrir à Amiens le bouclier habituel. Résultat : le beau petit club de Picardie tombe en troisième division. La chute est cruelle. Elle était prévisible.

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Laval barragiste de Ligue 2 : un modèle sous pression

Laval a longtemps symbolisé la vertu du football français : des résultats au-dessus du budget, une défense de fer, un gardien solide, un jeu construit sur le contre et l’efficacité collective. Cette saison, la formule a moins bien fonctionné. La réussite n’était plus au rendez-vous, les repères ont semblé perdus. Molina reconnaît néanmoins que le club a bien fini pour se hisser à la place de barragiste, ce qui représente une performance au regard du contexte financier limité et du projet colossal de rénovation du stade qui pèsera sur les finances du club pour plusieurs années. Le barrage aller-retour contre Rouen dira si Laval restera en Ligue 2.

Nancy : le miracle permanent sans moyens

Nancy s’est maintenu. Pour Molina, c’est presque miraculeux au regard de ce qu’il décrit : un club réduit à 7 ou 8 salariés, un centre de formation dans un état catastrophique, un propriétaire qui se croit Florentino Perez avec un fils qui jouait directeur sportif à la façon d’un jeu vidéo. Dans ce tableau cauchemardesque, le duo Michael Chrétien-Pablo Corra a réussi à maintenir le club dans la division. Le journaliste tire son chapeau, tout en soulignant que l’avenir reste très incertain : la DNCG attend le club chaque été, les versements arrivent toujours au dernier moment, et le propriétaire semble plus encombrant qu’utile.

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Clermont : un club endetté qui vaut 1€

Le tableau clermontois dressé par Molina est sombre. Des retards de paiement chez les fournisseurs, un centre de performance construit sur des dettes après que les fonds CVC ont été distribués en dividendes plutôt qu’investis, des promesses non tenues sur les loges et les infrastructures. Le propriétaire prélèverait plus de 3 millions d’euros via sa holding sur les revenus du club, soit environ 20% des recettes, tout en étant absent : il n’était même pas présent lors du dernier match de la saison. Des repreneurs se manifestent mais Molina reste sceptique : ceux qui parlent le plus fort ont rarement l’argent. La situation est tellement dégradée que le club devrait théoriquement valoir un euro. Un désastre silencieux.

Grenoble : l’encéphalogramme plat

Douzième, Grenoble. Molina résume en une formule : encéphalogramme plat. Les affluences s’effondrent, les projets d’infrastructure sont abandonnés, l’ambition est absente. Un club qui pourrait tellement mieux faire mais dont la direction ne semble pas pressée d’aller dans ce sens. Des fans mobilisés, une direction immobile. La frustration est là, l’étincelle n’est pas au rendez-vous.

Guingamp : les bisbilles plombent tout en Ligue 2

Onzième, Guingamp. Pour un club avec un budget et des ambitions supérieurs à sa place finale, c’est une déception. Mafouta a pourtant terminé parmi les meilleurs buteurs de la division. Mais en interne, les courants contraires ont rendu tout projet cohérent impossible. Personne ne s’accorde sur la ligne à suivre. Dans ces conditions, le talent ne suffit pas.

Dunkerque : Un entraîneur qui a tout promis à tout le monde

Dixième, et c’est une déception pour Molina. Entre novembre et décembre, Dunkerque affichait le jeu le plus séduisant de la division. Mais le mercato a fragilisé le groupe, notamment la vente de Yacine pour 7 millions sans remplacement satisfaisant. Et surtout, le coach a perdu le vestiaire à force de promettre l’impossible à chaque joueur. Les anecdotes sur ses contradictions avec les internationaux sont symptomatiques d’un manager qui a détruit sa propre crédibilité. Le talent était là, la structure aussi. La gestion humaine a tout sabordé.

Montpellier déçoit, Annecy régulier, Reims rate encore les barrages

Montpellier pensait remonter. L’effectif mal construit, des ventes qui n’ont pas eu lieu, des courants internes divergents et une grille salariale problématique ont plombé l’ambition. Les propriétaires espèrent vendre le club, avec des négociations avancées avec un groupe anglo-américain selon Molina. En attendant, la réalité du terrain a été décevante.

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Annecy, septième, est salué pour sa constance et son identité de jeu. Le club sait ce qu’il est, sait ce qu’il fait, et le fait bien depuis plusieurs saisons. Bravo, dit Molina, même si des problèmes extrajudiciaires existent en périphérie.

Reims, sixième, est la grande déception de la division selon le journaliste. À un moment de la saison, les Champenois semblaient presque assurés d’accrocher les barrages. Trop d’irrégularités, des joueurs mal utilisés, une déstabilisation du groupe pendant le mercato hivernal. Et le constat implacable : Reims n’accroche pas les barrages sous l’ère Pellier. Une nouvelle saison en Ligue 2 qui n’était clairement pas dans les plans initiaux.

Rodez, Red Star : deux beaux perdants – Ligue 2

Rodez mérite un hommage appuyé. Cinquième, invaincu sur toute l’année 2026, sorti en barrage contre Saint-Étienne aux tirs au but après avoir battu le Red Star, le club aveyronnais a réalisé une deuxième partie de saison exceptionnelle. Molina est clair : dans le jeu, ce ne sont pas forcément les Verts qui méritaient de passer. L’ASSE a eu de la réussite. Rodez a une identité, un projet, un coach qui sait ce qu’il fait. Le vaincu a de la gueule.

Le Red Star, quatrième, a réalisé une très grosse saison malgré un objectif initial plus modeste. De la force de caractère, des victoires à l’arrache, une solidité collective. La vraie question selon Molina : Dupont, directeur du football, sera-t-il encore en poste la saison prochaine ou rejoindra-t-il Zidane et l’équipe de France ?

ASSE : troisième de Ligue 2 avec le budget du champion

Molina ne ménage pas l’ASSE. Avec un budget pharaonique pour la Ligue 2, terminer troisième est présenté comme un échec relatif. La comparaison est brutale : c’est comme si le PSG terminait troisième derrière Lille. Il pointe une direction déconnectée de la réalité, un ego démesuré du côté de la direction sportive, des problèmes défensifs identiques à ceux qui existaient au moment du rachat, toujours pas résolus deux ans plus tard. Et une insuffisance criante : ne pas avoir su profiter de l’avantage Geoffroy-Guichard pour dominer une division inférieure. L’ASSE peut encore monter via le barrage contre Nice. Mais les questions structurelles, elles, resteront.

Le Mans et Troyes champions : deux success stories en Ligue 2

Le Mans, deuxième, enchaîne deux montées consécutives. Molina, qui admet ne pas avoir suffisamment de contacts internes pour en parler en détail, se contente d’un hommage sincère à un entraîneur qui a su tenir sa philosophie dans la durée et à un effectif bien construit, mêlant jeunesse et expérience à chaque ligne.

Troyes, champion, est la success story paradoxale de la saison. En interne, le directeur sportif et le président se sont fait la guerre toute l’année. Et pourtant, le titre. La preuve, selon Molina, que le football reste une science inexacte. Bravo aux Troyens, qui méritent leur promotion.

Source : Romain Molina

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Thomas Delcourt

Thomas Delcourt

Journaliste spécialisé Ligue 1, Ligue 2 et mercato sur Morning Foot.

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