Ian Cathro débarque à Saint-Étienne sans réputation en France, sans expérience de la Ligue 2, et sans parler la langue. Mais ceux qui l’ont côtoyé au quotidien à Estoril dressent un portrait qui pourrait rassurer les plus sceptiques. Kevin Boma, défenseur international togolais qui a joué deux saisons sous ses ordres au Portugal, présente le futur coach de l’ASSE.
Quand un club nomme un entraîneur inconnu, les questions fusent. Qui est-il vraiment ? Comment travaille-t-il ? Que dit son vestiaire ? Pour Cathro, la réponse vient du Portugal. Kevin Boma a passé deux saisons à ses côtés à Estoril.
Un coach jeune qui ne fait pas son âge
Premier sujet qui revient systématiquement quand on parle de Cathro : son rapport à l’autorité malgré la jeunesse. 39 ans, jamais joueur professionnel, peu de palmarès comme numéro 1. Un profil qui peut poser problème dans un vestiaire professionnels. Boma balaie l’argument.
«C’est un coach jeune, proche de ses joueurs, qui comprend parfaitement la nouvelle génération tout en sachant s’adapter aux plus anciens. Il communique beaucoup, il est très accessible et assez taquin. Mais c’est aussi un entraîneur extrêmement exigeant. Il a des idées bien arrêtées et une vision très claire du football qu’il souhaite imposer à son groupe.»
Accessible et exigeant pour Boma.
Ian Cathro, un charisme naturelle
Ce qui frappe Boma c’est la présence du futu entraîneur de l’ASSE.
«C’est quelqu’un qui possède une vraie personnalité et un fort charisme. Quand il parle, il dégage une aura, il sait ce qu’il veut et tout le vestiaire le ressent. Il a un caractère affirmé, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Il sait se montrer dur, intransigeant, et il est capable de pousser de grosses colères, mais il sait toujours faire la part des choses.»
Dans un vestiaire de Ligue 2 qui sera sous pression de remontée, cette capacité à tenir la corde sera cruciale.
La préparation : rien ne lui échappe
L’un des griefs les plus lourds contre Eirik Horneland à Saint-Étienne était son manque de travail sur les adversaires. Avec Cathro, le sujet ne se posera pas dans les mêmes termes. Boma est formel sur ce point.
«Il tient absolument à ce que son équipe possède une identité de jeu propre, pour que l’on ne soit pas perdus d’un week-end à l’autre. Mais bien évidemment qu’il s’adapte à l’adversaire. Il prépare toujours des plans spécifiques. À chaque match, nous avions des consignes précises pour contrer l’équipe adverse et aborder la rencontre de la meilleure manière possible.»
Identité collective non négociable, adaptation tactique systématique. C’est exactement ce que le football moderne demande à un entraîneur de haut niveau.
Il arrive en ayant déjà fait ses devoirs
Dernier élément qui ressort du témoignage de Boma, et peut-être le plus rassurant pour les supporters stéphanois : Cathro ne débarque pas dans l’inconnu. Il prépare, il analyse, il visionne.
«Dès notre première rencontre, il m’a dit qu’il avait déjà une idée complète de tout l’effectif. Il avait visionné beaucoup de mes matchs et savait exactement ce qu’il voulait que je fasse sur le terrain. Il savait exactement où il allait.»
Et sur le haut niveau, Boma conclut avec une phrase qui résume : «Il a connu le très haut niveau, il sait ce que c’est et il possède les clés pour nous y emmener. Dans sa manière de travailler et de structurer les séances, on sent immédiatement qu’il a l’habitude de manager des joueurs d’un certain calibre.»
Valence, Wolverhampton, Tottenham, Al-Ittihad. Cathro a passé quinze ans dans les coulisses du football européen de premier rang. Il n’arrive pas les mains vides. Cette expérience devra lui permettre de rapidement convaincre à l’ASSE.


