MHSC : Le rachat de Montpellier par le fonds GSS est loin d’être aussi simple qu’annoncé. Selon le journaliste Romain Molina, de sérieuses questions se posent sur la capacité financière du fonds, sa vision purement mercantile du football et les contradictions internes à la famille Nicollin. Le dénouement est attendu dans les 24 à 48 heures.
L’accord semblait imminent depuis des jours. Il ne l’est toujours pas. Molina apporte un éclairage qui change la perspective sur ce dossier présenté comme quasi bouclé par L’Équipe en début de semaine.
GSS : trois hommes, une vision purement commerciale au MHSC
Le fonds GSS s’appuie sur trois profils : Ilkay Gündogan, l’ancien milieu de Barcelone et Manchester City, Daniel Karbassiyoon, ex-analyste et recruteur d’Arsenal, et un ancien agent de joueurs. Leur objectif affiché est sans ambiguïté selon Molina : du trading de joueurs. Acheter bas, vendre haut, pas de développement structurel, pas de projet sportif de long terme. Basta.
Pour un club comme Montpellier, avec une histoire, une identité et une base de supporters attachée à ses racines, ce projet purement transactionnel pose question. La famille Nicollin, fondatrice du club en 1974, est-elle réellement à l’aise à l’idée de laisser le MHSC entre les mains d’un fonds de trading ?
120 millions de capacité, mais un trou de 30 millions à combler d’emblée
Le problème financier est concret. GSS disposerait d’une capacité totale de 120 à 150 millions d’euros pour le football. Sauf que les premières dépenses obligatoires s’accumulent rapidement : environ 10 millions pour le rachat des parts de la famille Nicollin, entre 18 et 20 millions pour combler le trou de la saison en cours et prévisionner le déficit 2026-2027. Soit plus de 20% des ressources totales du fonds mobilisées dès le premier jour, avant même d’avoir recruté un joueur ou financé la moindre opération de trading.
La question du mode de financement se pose : cash, LBO, système de prêts ? Molina souligne que l’équation semble difficile à tenir. D’autant que la famille Nicollin compte aussi louer le centre d’entraînement de Grammont aux futurs propriétaires, comme cela a été fait lors de la cession de l’équipe féminine. Une charge récurrente supplémentaire pour un fonds aux capacités limitées.
La contradiction Nicollin : assez mais pas n’importe comment
Molina pointe un paradoxe central dans la position de la famille Nicollin. D’un côté, l’épuisement est réel : remettre au pot saison après saison dans un club dont le déficit structurel ressemble à un puits sans fond n’est plus tenable. De l’autre, Laurent Nicollin répète vouloir s’assurer du profil des acquéreurs pour ne pas livrer le club aux mauvaises mains.
Le résultat de cette tension : on se retrouve à donner des délais de plus en plus importants à un groupe de trading dont la vision est explicitement court-termiste. L’affaire devait être bouclée depuis des semaines. Elle ne l’est toujours pas. Et d’autres groupes américains qui s’étaient intéressés au MHSC ont rapidement déchanté après la visite du stade et l’analyse des revenus générés, insuffisants pour justifier leur investissement.
48 heures pour un dénouement incertain
Le verdict est attendu dans les 24 à 48 heures selon Molina. Soit GSS boucle le deal avec les garanties financières nécessaires et Montpellier entre dans une nouvelle ère sous une multipropriété de trading. Soit les négociations achoppent et le MHSC repart sur le marché, cette fois avec moins de prétendants potentiels qu’au départ.
Dans un cas comme dans l’autre, les supporters montpelliérains méritent de savoir dans quel projet s’inscrit leur club.


