Karel Geraerts remercié, Nicolas Usaï nommé. Le Stade de Reims repart de zéro sur le banc après une saison 2025-2026 ratée qui s’est soldée par une sixième place en Ligue 2. Les chiffres Data’Scout de l’exercice passé racontent ce qui a coincé et ce que le nouveau staff va devoir corriger pour espérer retrouver la Ligue 1.
La data ne ment pas. Reims a terminé sixième de Ligue 2 avec un style de jeu identifiable, des points forts réels, mais des lacunes structurelles qui ont plombé la saison. Possession à 94, résistance au pressing à 89, volume de tirs à 91 : offensivement, les Champenois ont produit. Le problème était ailleurs.
Une équipe qui possède mais qui ne défend pas bien
Le radar défensif est sans appel. Bloc bas : 18. C’est le chiffre qui résume tout. Reims ne sait pas défendre bas. Imperméabilité à 47, discipline à 54, endurance à 44. Une équipe qui presse haut (74), qui défend aériennement (74), mais qui s’effondre dès qu’il faut tenir un résultat, reculer et tenir un bloc organisé. Face aux équipes qui ont choisi de les laisser avoir le ballon avant de frapper en transition, les Rémois ont souffert.
Data’Scout classe le style de Reims dans la même famille que Stuttgart, Atalanta et RB Leipzig à 73-76 % de similarité. Du jeu de position, de la possession, de l’intensité dans le pressing. Un style ambitieux pour la Ligue 2, mais qui exige une qualité individuelle et une cohérence collective que l’effectif de Geraerts n’a pas réussi à atteindre sur la durée.


Un XI type avec des notes inquiétantes
Le XI Data’Scout de la saison passée dit beaucoup sur le niveau réel de l’effectif. Jaouen à 60 dans les buts, Busi à 50 en défense droite, Diarra à 52 en défense gauche. Dans l’axe défensif, Pallois et Koné à 56 chacun. Au milieu, Leoni à 57, Gbane à 53, Martial à 50. Devant, Ibrahim à 64, Nakamura à 68. Seul Ibrahim dépasse 60 avec une note qui sort vraiment du lot. C’est un effectif de milieu de tableau de Ligue 2, pas d’un candidat à la montée.
Les joueurs les plus utilisés confirment cette réalité : Jaouen (3 362 minutes), Sergio Akieme (3 335), Leoni (2 648). Trois joueurs sur lesquels tout reposait, et dont les deux premiers sont partis cet été. Jaouen à Newcastle pour 11 M€. Zabi, valorisé 16 M€ sur les données Data’Scout, a également quitté le club, tout comme Abdoul Koné. Benhattab n’a pas été conservé par Nantes.
Ce qu’Usaï va devoir changer
Nicolas Usaï hérite d’un projet à reconstruire autour de quelques certitudes et de nombreux chantiers. La philosophie de jeu ne changera probablement pas radicalement : Reims est structuré pour avoir le ballon, pour presser haut, pour attaquer. C’est dans son ADN depuis plusieurs saisons. Mais le nouvel entraîneur va devoir résoudre deux problèmes urgents.
Premier chantier : trouver un vrai bloc défensif. 18 en bloc bas, c’est un score de relégable, pas de candidat à la montée. Usaï devra installer une organisation qui permet à l’équipe de défendre collectivement quand elle n’a pas le ballon, ce que Geraerts n’a jamais réussi à faire fonctionner de façon cohérente.
Deuxième chantier : rehausser le niveau individuel après les départs. El Kachati arrive de NEC Nimègue pour apporter du poids offensif. Quentin Paris devrait débarquer libre d’Annecy. Des arrivées utiles, mais qui devront combler le vide laissé par Jaouen, Zabi et Koné, soit trois des valeurs marchandes les plus élevées de l’effectif qui s’en vont simultanément.
La bonne nouvelle pour Usaï : la possession à 94 et la résistance au pressing à 89 montrent que les bases techniques sont là. Reims sait faire circuler le ballon, sait tenir le ballon sous pression. C’est un socle. Suffisant pour monter ? Pas dans l’état actuel. Mais avec les bons ajouts et une organisation défensive enfin cohérente, les Champenois ont les attributs pour figurer dans le haut du tableau. La saison passée, ce n’était pas le cas.



