Avant de recevoir l’AS Saint-Étienne samedi soir pour le lancement de la saison, Sochaux affiche un discours nettement plus mesuré que son adversaire du soir. Entre un mercato encore timide et un point noir déjà identifié, Julien Cordonnier a livré un état des lieux sans détour à L’Est Républicain.
Manager général des Lionceaux et ancien recruteur de l’ASSE, Julien Cordonnier retient d’abord un motif de satisfaction dans la dernière sortie amicale du club, disputée face à une équipe de Ligue 1. « Même s’il manquait quelques joueurs du côté de l’AJA, j’ai bien aimé notre capacité à rivaliser avec une équipe de L1 lors de notre dernier match de préparation. On a retrouvé de l’agressivité et des vertus mentales », a-t-il confié, un constat d’autant plus important que les deux rencontres précédentes avaient laissé des traces.
Sochaux : Deux revers qui ont inquiété en interne
Avant cette embellie, Sochaux avait en effet concédé deux défaites nettement plus préoccupantes, contre Metz (4-1) puis Dijon (3-0). Des matchs où le promu du National avait semblé manquer d’engagement, un constat que Cordonnier n’a pas cherché à minimiser : « Après deux matches où on avait été loin de l’adversaire et où on avait même lâché par moments, ce qui n’est pas possible quand on se prépare à jouer le maintien ». Une mise en garde qui replace immédiatement l’objectif du club dans un contexte de survie plutôt que d’ambition, à l’inverse du discours nettement plus offensif tenu du côté stéphanois.
Le départ de Boutoutaou, un vrai coup dur
Sur le plan du mercato, le manager sochalien identifie clairement le principal point noir de cet été : le départ d’Aymen Boutoutaou vers le Steaua Bucarest. « Le point noir de cette préparation, c’est le départ d’Aymen Boutoutaou. C’était un joueur fort de l’effectif », reconnaît Cordonnier, qui confirme que le club travaille activement à son remplacement, sans toutefois brader ses exigences : « On a besoin d’un joueur convaincu à 100 % par notre projet ».
Sochaux : Un mercato entrant famélique
L’aveu le plus révélateur de cet entretien concerne toutefois l’ampleur très limitée des investissements sochaliens sur le marché des transferts. En mettant de côté la compensation financière versée à Valenciennes pour la reconduction du contrat de Samy Baghdadi, le club n’aurait procédé à aucun transfert payant depuis trois ans. Un contraste saisissant avec la politique de recrutement stéphanoise, où l’ASSE a multiplié les arrivées cet été tout en parvenant à conserver ses meilleurs éléments.
Un décalage de moyens assumé
Cette différence de standing entre les deux clubs illustre parfaitement le contexte particulier de cette entame de saison. D’un côté, un promu du National contraint de composer avec des ressources limitées et une capacité d’attraction forcément moindre que celle d’un club à l’histoire aussi riche que Saint-Étienne. De l’autre, une ASSE dotée du plus gros budget de Ligue 2, avec l’obligation quasi assumée de remonter immédiatement en Ligue 1, comme l’a récemment rappelé le consultant Damien Perquis.
Un premier vrai test pour les deux équipes
Reste que ce déséquilibre financier et sportif ne garantit rien sur le terrain, en particulier pour un match d’ouverture souvent porté par la ferveur d’un promu et de son public. Sochaux, qui a visiblement retrouvé un supplément d’âme lors de son dernier test amical, cherchera samedi soir à confirmer cette dynamique face à un adversaire annoncé comme l’un des grands favoris du championnat. Un déplacement à Auguste Bonal qui constituera, pour Ian Cathro et son groupe, le premier vrai indicateur de la solidité de leurs certitudes affichées tout au long de l’été.



