Des affrontements ont éclaté dans le kop du RC Strasbourg à la Meinau lors de la réception de l’OL. En cause : l’apparition de drapeaux identitaires en hommage à Quentin Deranque. Retour sur une soirée tendue en Ligue 1.
Dimanche soir, la rencontre entre le RC Strasbourg Alsace et l’Olympique Lyonnais (3-1) a été marquée par des incidents en tribune Ouest du Stade de la Meinau.
Quelques heures plus tôt, un rassemblement en hommage à Quentin Deranque, militant identitaire tué à Lyon lors d’une rixe, s’était tenu sans heurts devant l’Institut d’Études Politiques. Mais la tension est montée d’un cran pendant la rencontre de Ligue 1.
Des drapeaux identitaires à l’origine des affrontements
Les incidents ont éclaté peu après le premier quart d’heure de grève habituel des UB90. Des supporters indépendants, parmi lesquels d’anciens membres des Offenders – groupe de hooligans dissous en septembre dernier – ont déployé plusieurs toiles en tribune.
Sur l’une d’elles, le message « FCK AFA », visant les antifascistes. Sur une autre, l’inscription « Quentin présent ».
Des banderoles immédiatement retirées par les stadiers. Mais le mal était fait. Les UB, historiquement opposés aux mouvances d’extrême droite, ont réagi. Le capo a pris la parole : « Notre tribune n’est pas politique, alors dehors. »
Le ton est monté. Des coups ont été échangés en bas de la tribune Ouest. Certains membres du kop ont scandé « Strasbourg antifa ! » tandis que d’autres individus, cagoulés, tentaient de maintenir leur présence.
Les images de vidéosurveillance ont été transmises aux autorités. À ce stade, aucun blessé ne serait à déplorer.
Une tension persistante autour du club
À la mi-temps, la tension restait palpable dans les coursives du stade. La présence massive des forces de l’ordre a permis d’éviter une escalade.
Certains individus portaient le logo « Meinau Boys 87 », ancien groupe associé à l’extrême droite. Une résurgence qui inquiète une partie du kop.
Ces incidents interviennent dans un climat déjà tendu entre les UB et la direction du club. Avant la rencontre, une banderole critiquant BlueCo et la gouvernance du Racing aurait été refusée par la sécurité. Le message visait une déclaration du président Marc Keller sur l’influence de Chelsea au sein du club.
Sur le terrain, le Racing a dominé l’OL. En tribune, en revanche, la fracture reste profonde.
La victoire sportive pourrait presque passer au second plan. Car au-delà des trois points, c’est la question de l’identité du kop strasbourgeois qui refait surface.

