Bernard Caïazzo fait son show : Kilmer, Gazidis, Puel, Nice, ASSE…

par | Mai 26, 2026 | Ligue 2

ASSE Caiazzo Nice Puel Kilmer

Bernard Caïazzo sort un livre sur ses vingt ans à la tête de l’ASSE. À la veille du barrage contre Nice, l’ancien président du directoire des Verts s’est confié sans filtre sur les nouveaux propriétaires, l’avenir du club, Claude Puel, et les erreurs du passé. Un grand entretien dont voici les passages les plus percutants.

Kilmer condamné à réussir, l’ASSE futur top 5 français

Caïazzo ne cache pas sa conviction sur l’avenir du club sous Kilmer Sports. Et elle est totale : « J’ai une conviction absolue : Kilmer réussira dans le temps. L’ASSE deviendra un club européen régulier dans les prochaines années, elle va vite être un top 5 français chaque saison. »

Pour étayer ce pronostic, il rappelle la surface financière de Larry Tanenbaum : « Il vient de vendre pour 2,5 milliards d’euros ses actifs dans le domaine du sport au Canada. Avec l’immobilier, il doit peser près de 5 milliards. » Et il balaie d’avance les doutes sur la motivation du propriétaire canadien : « Quelqu’un qui a ces moyens-là, il ne vient pas pour échouer. Il vaut mieux être en L2 avec lui que 5e de L1 avec Caïazzo et Romeyer. »

Mais Caïazzo ne s’exonère pas d’une part de lucidité sur les débuts de l’ère Kilmer. Sa réponse sur la non-montée directe de l’ASSE est chirurgicale : « À part le PSG, tous les clubs qui ont des actionnaires milliardaires sont en sous-performance. Tous. Rennes, Nice, Marseille. Lens, Lille, Le Mans fonctionnent bien. Quelle est leur force ? Le management et surtout le trio président-directeur sportif-entraîneur. » Et d’enfoncer le clou sur Horneland : « Je pense que si le club s’était séparé plus tôt d’Eirik Horneland, l’ASSE serait montée directement. »

Puel à l’ASSE : « Une porte de prison » selon Beric

Le sujet Claude Puel est inévitable à la veille du barrage. Caïazzo a eu le coach niçois sur son banc, et il n’a pas oublié. « On a fait un effort financier considérable pour lui en le payant 250 000 euros par mois et quand il est parti, il nous a coûté 4 millions d’euros, une fortune. »

Sur le fond, l’analyse est celle d’un président qui a vu un vestiaire se retourner contre son entraîneur : « Quand j’ai commencé à entendre Robert Beric, le plus gentil des hommes, dire que Claude était une porte de prison… Il avait très vite le groupe contre lui. » L’épisode Ruffier cristallise tout : « Vu ce qu’avait fait Ruffier à Saint-Étienne, il y avait d’autres solutions que de dire : ‘toi, tu fermes ta gueule et derrière c’est moi qui décide de tout.’ Ça n’existe pas. »

ASSE-Nice : “L’adversité doit être une source de motivation”

Caïazzo résume sa vision du coach idéal en une phrase : « La qualité numéro un d’un coach, c’est quelqu’un qui sait parler au cœur des hommes. » Montanier en est l’exemple aux yeux de l’ancien président : « Regardez comment fonctionne Philippe Montanier, c’est un bonheur. On voit la façon dont il considère les joueurs. »

Nice et Ineos : une désillusion annoncée

Caïazzo apporte aussi un éclairage précieux sur le camp d’en face. Sur Ineos et Nice, il identifie le moment où tout a basculé : « En 2022, ils sont deuxièmes sous Christophe Galtier jusqu’à l’épisode de la bouteille face à l’OM. Sans ça, ils se qualifiaient pour la Ligue des champions et entamaient un cercle vertueux. » Et sur le mercato raté qui a suivi : « Au lieu de recruter deux gars niveau Ligue des champions, ils prennent Billal Brahimi, 21 ans, d’Angers pour 8 millions d’euros. Galtier est mis devant le fait accompli. »

Sur le désengagement progressif de Ratcliffe, il est direct : « Quand vous allez à Manchester United et que vous comparez à Nice… On est sur l’exemple d’un actionnaire richissime qui a plus d’emmerdements qu’autre chose. » Ce désinvestissement, Caïazzo le perçoit comme une opportunité pour l’ASSE : « À Nice, les actionnaires ne veulent plus du club. Monaco pareil. Il y a une vraie opportunité pour des clubs comme l’ASSE ou le Paris FC. »

Son bilan à l’ASSE : 13/20, et les regrets

Sur ses vingt années à la tête du club, Caïazzo se note honnêtement. « Globalement, je nous mettrais 13/20. » Deux faiblesses assumées : « On n’a jamais su communiquer. Et après Galtier, on a jeté l’argent par les fenêtres sous l’ère David Wantier. Ceux qu’on recrutait, les Diony, Lacroix, Dioussé, c’était une catastrophe. »

La fierté, elle, est intacte sur un point : « Ma fierté, c’est 7 ans de Christophe Galtier. » Et une conviction sur ce que les nouveaux propriétaires ont changé structurellement : « Aujourd’hui, on a un club qui n’est plus obligé de vendre ses meilleurs joueurs chaque été. Imaginez si on avait pu garder Ruffier, Matuidi, Payet, Aubameyang, Guarin, Saliba. On jouait la Ligue des champions tous les ans. »

Ce temps est fini, dit-il. Et pour l’ASSE, il peut enfin commencer.

Source : Eurosport

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Thomas Delcourt

Thomas Delcourt

Journaliste spécialisé Ligue 1, Ligue 2 et mercato sur Morning Foot.

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