Emerse Faé n’a pas caché son émotion à la Beaujoire. Le sélectionneur de la Côte d’Ivoire, formé au FC Nantes, est revenu jeudi soir dans le stade de son enfance dans un contexte particulier : celui d’un club qu’il aime et qui vient de descendre en Ligue 2. Ses mots sont sincères, pesés, et disent tout sur le lien indéfectible qui l’unit aux Canaris.
Emerse Faé avait 17 ans quand il a débuté au FC Nantes. Il a porté le maillot jaune canari, côtoyé les salariés du club, grandi dans cette maison. Jeudi soir à la Beaujoire, face à l’équipe de France, le technicien de 41 ans s’est retrouvé dans une position singulière : revenir chez lui, avec la Côte d’Ivoire, pour un match de préparation à la Coupe du monde, dans un stade marqué par le deuil d’une relégation.
«Voir le FC Nantes dans cet état, ce n’est pas évident»
Faé a parlé franchement, avec la légitimité de quelqu’un qui sait ce que ce club représente. «Il ne faut jamais dire jamais dans la vie. Mais c’est vrai que je suis triste pour le club. Triste pour les supporters du FC Nantes et les salariés du club dont certains que j’ai côtoyés. Voir le FC Nantes dans cet état, ce n’est pas évident pour quelqu’un comme moi qui a été formé à Nantes.»
Il ajoute, sur la saison qui vient de s’écouler : «Cette relégation n’a pas été simple. Je me suis fait charrier par les Niçois avec qui on a joué le maintien. Ce n’est pas simple quand on est dans cette position de relégable.» Une façon de dire qu’il a suivi, qu’il a vécu les résultats avec une attention particulière, que la descente n’a pas glissé sur lui comme une information anodine.
Le lien avec Nantes : une formation, une famille
Faé a été formé à Nantes. Il a ensuite porté les couleurs de la Côte d’Ivoire, construit sa carrière de joueur puis d’entraîneur loin du FCN, mais le club jaune canari est resté une référence personnelle. Cette nuit à la Beaujoire l’a ramené à des années fondatrices, avec cette double étrangeté de revenir adversaire de l’équipe de France dans un stade qu’il connaît mieux que quiconque.
«Ça me fait très plaisir de revenir à la maison pour un match comme ça, et un peu bizarre car ça fait pas mal d’années que j’ai quitté le FC Nantes, et face à une équipe de France dans laquelle j’ai joué plus jeune, en U17 et en Espoirs notamment. C’est particulier mais l’objectif, c’est de bien se préparer.» L’homme jongle entre l’émotion et le professionnalisme. Il n’oublie pas qu’il est là pour préparer un Mondial, pas pour une réunion d’anciens.
Un message aux Canaris : remonter, se restructurer
Faé n’est pas venu faire de la politique nantaise. Mais il a quand même glissé un message clair pour le FC Nantes : «J’espère vraiment qu’ils vont remonter le plus vite possible en Ligue 1, se restructurer et redevenir le FC Nantes que l’on a connu.» Pas de leçon, pas de conseil stratégique. Juste la voix d’un enfant du club qui espère le voir retrouver sa place dans l’élite.
Dans le contexte actuel, avec un banc toujours vacant, un mercato qui patine et une direction qui cherche ses repères, ce témoignage venu de l’extérieur dit quelque chose sur l’ampleur du défi. Même à 6 000 kilomètres, les gens formés à Nantes portent le club dans un coin de leur tête. Le FC Nantes le mérite. Il doit maintenant le prouver sur le terrain.


