RC Lens copie Brighton : Jamestown, le logiciel secret qui change tout pour les Lensois

par | Juin 6, 2026 | Lens

RC Lens Brighton Jamestown

Derrière le vice-championnat de France et la première Coupe de France de l’histoire du RC Lens, il y a du travail, de la cohérence, et un outil secret. Depuis l’été dernier, le club artésien s’appuie sur un prestataire data externe pour valider ses recrues. Un tournant discret mais potentiellement décisif dans la stratégie de recrutement sang et or.

Joseph Oughourlian l’avait dit clairement lors des nominations de Benjamin Parrot et Jean-Louis Leca : «J’entends que nous prenions plus en compte les datas.» Ce n’était pas du bluff. Selon L’Équipe, Lens a effectivement signé un contrat avec un prestataire extérieur tenu secret pour expérimenter une nouvelle méthode de recrutement basée sur les données avancées. Qui est ce partenaire mystérieux ? Le club ne dit rien. Les accords de confidentialité sont stricts.

Jamestown Analytics : le logiciel le plus envié de la planète football ?

Dans le milieu du recrutement data, un nom revient obsessionnellement : Jamestown Analytics. Filiale de Starlizard, la société de conseil en paris sportifs créée par Tony Bloom, l’ancien propriétaire de Brighton et de l’Union Saint-Gilloise, cet outil est devenu le Saint-Graal du mercato moderne. Son principe est simple en apparence : une base de données couvrant des dizaines de milliers de joueurs dans des championnats que personne ne regarde. Divisions inférieures allemandes, championnats baltes, scandinaves, slovaques. Des mines d’or que les recruteurs traditionnels délaissent.

Les résultats parlent d’eux-mêmes. Brighton a déniché Moisés Caicedo pour 5 millions d’euros, revendu à Chelsea pour 116 millions. Alexis Mac Allister recruté à 8 millions, cédé à Liverpool pour 42 millions. Kaoru Mitoma acheté 3 millions, valeur multipliée par quinze. L’Union Saint-Gilloise a réalisé 19 millions de plus-value sur la seule vente de Franjo Ivanovic à Benfica. Des transferts qui semblent sortis de Football Manager mais qui reposent sur une méthodologie froide et rigoureuse.

Le modèle de l’Union : la stat avant le match

À Saint-Gilloise, le président Alex Muzio pousse la logique à l’extrême. Il l’a dit sans détour : «Je mets un point d’honneur à ne jamais regarder jouer les joueurs avant qu’ils ne signent chez nous.» La statistique d’abord, la vidéo ensuite. Jamestown identifie le profil via les données, le directeur sportif Chris O’Loughlin complète avec un dossier humain minutieux sur le joueur ciblé. Pour Charles Vanhoutte, il avait préparé 41 pages. Pour Mateo Biondic, recruté 200 000 euros en D4 allemande, Jamestown avait pointé ses courses à haute intensité, sa production offensive, son absence de blessures répétées et son profil similaire à Ivanovic. O’Loughlin avait ensuite découvert que le joueur travaillait dans le restaurant de ses parents le week-end et lisait la Bible. Deux minutes de terrain ne l’auraient pas appris.

RC Lens : la data comme filtre, pas comme point de départ

Lens n’est pas encore à ce niveau d’intégration. Benjamin Parrot le précise lui-même : «C’est un outil d’aide à la décision, mais je ne peux rien dire sur la manière dont ça se matérialise. La data apporte un élément objectif d’appréciation supplémentaire. Mais notre process de décision doit faire matcher différents critères.» Jean-Louis Leca est encore plus explicite : «On avait cet outil pour confirmer nos choix, on s’en est servi. Il fallait que nos joueurs ciblés passent ce filtre-là.»

La chaîne décisionnelle lensoise reste humaine en premier. Le coach définit le profil, les scouts repèrent, Leca creuse l’aspect humain, le service éco valide le budget. La data arrive en dernier pour confirmer ou infirmer. Ce n’est pas le modèle Brighton ou Saint-Gilloise, où l’algorithme ouvre le bal. Mais c’est un pas dans cette direction.

De Brighton au RC Lens : Un outil qui s’exporte partout en Europe

Le phénomène dépasse largement la France et la Belgique. Côme 1907 dispute une place en Europe trois ans après avoir été repêchée en Serie B. Heart of Midlothian taquine Celtic et Rangers en tête du championnat écossais. CD Castellon lutte pour monter en Liga depuis la D3 il y a deux ans. Tous ont reconnu publiquement leur collaboration avec Jamestown Analytics. Le fil conducteur : des joueurs à bas prix avec un fort potentiel de revente, recrutés dans des championnats que personne ne couvre.

Au RC Lens, les recrues de l’été dernier, y compris les profils méconnus comme Samson Baidoo ou Mamadou Sangaré, ont été validées par cet outil. La suite a donné une saison historique. Difficile de ne pas faire le lien.

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Thomas Delcourt

Thomas Delcourt

Journaliste spécialisé Ligue 1, Ligue 2 et mercato sur Morning Foot.

Analyse l’actualité du football français avec une approche data.


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