Bruno Genesio va hériter d’un effectif de qualité à l’OM. Greenwood, Højbjerg, Aubameyang, Timber : le XI Data’Scout marseillais est séduisant sur le papier. A voir qui restera à Marseille. Mais les données collectives de la saison 2025-2026 pointent un problème structurel que le nouveau coach devra corriger en priorité.
La comparaison Data’Scout entre l’OM, Lens et Lille est implacable. Sur la possession, Marseille domine : 90 contre 61 pour Lens et 78 pour Lille. Résistance au pressing à 92. Volume de tirs à 91. Finition à 79. Sur le papier, une équipe qui fait le jeu, garde le ballon et tire beaucoup. Mais dès qu’on bascule côté défensif, le tableau change radicalement.
Pressing à 30, intensité à 28 : les chiffres qui accusent l’OM
Les données défensives de l’OM cette saison sont celles d’une équipe qui refuse de souffrir. Pressing au centile 30. Intensité à 28. Endurance à 17. Ces trois barres sont dans le rouge vif, très loin derrière Lens qui affiche pressing à 55, intensité à 98 et endurance à 94. Même Lille, pourtant connu pour son jeu posé, présente pressing à 62, intensité à 72 et endurance à 50.
L’OM court moins que tout le monde. Ce n’est pas une nouveauté : sous Roberto De Zerbi puis Habib Beye, Marseille était l’une des équipes qui abattaient le moins de volume physique en Ligue 1. Un déficit chronique qui finit par se payer quand les adversaires accélèrent en deuxième période ou en phase de Ligue des champions.
Le gap avec Lens : une leçon de football physique
La comparaison avec le RC Lens résume tout. Lens a remporté la Coupe de France et terminé vice-champion avec une philosophie diamétralement opposée à celle de l’OM. Là où Marseille possède mais subit, Lens presse et court. Intensité à 98, endurance à 94, agressivité à 56 contre 64 pour l’OM. Les Sang et Or ont bâti leur saison historique sur le volume physique collectif. L’OM a construit la sienne sur les qualités individuelles de Greenwood, Aubameyang et Højbjerg.
Ce modèle a ses limites. Quand les talents individuels sont fatigués ou absents, le collectif ne prend pas le relais. Bloc bas à 46, anticipation à 38, discipline à 27 : l’OM ne défend ni haut ni bas avec efficacité. Il défend à moitié, quand il défend.
Ce que Genesio a corrigé à Lille
C’est là que le choix de Genesio prend tout son sens. Son LOSC était justement reconnu pour son équilibre entre possession et intensité défensive. Genesio a toujours su construire des équipes capables de presser collectivement sans sacrifier la technique. À Rennes, à Lyon, à Lille : ses groupes courent, récupèrent haut, et maintiennent leur niveau physique sur 90 minutes.

OM LENS LOSC
Si Genesio applique la même recette à l’OM, la transformation sera visible rapidement sur les données d’intensité et de pressing. Mais elle nécessite un recrutement cohérent. Le premier chantier du nouvel entraîneur sera d’identifier un ou deux milieux à gros moteur capables d’absorber le volume défensif que ni Abdelli ni Timber n’ont fourni suffisamment cette saison. Abdelli noté 72, Højbjerg à 83 en MDC : le meilleur milieu de l’effectif marseillais reste le Danois, mais il ne peut pas tout porter seul.
OM : Un effectif de qualité, un système à réinventer
Le XI Data’Scout de l’OM est flatteur. Aubameyang à 89, Greenwood à 81, Aguerd à 83, Højbjerg à 83. Les individualités sont là. Ce qui manque, c’est le ciment collectif. Genesio a deux mois de préparation pour l’installer avant la reprise. Deux mois pour transformer une équipe qui marche sur le talent en une équipe qui gagne sur le collectif.
C’est exactement ce pourquoi le projet marseillais l’a choisi. A minima en partie.

OM 2026


