MHSC. Laurent Nicollin, président du Montpellier HSC a accordé un entretien à L’Équipe pour faire le point sur l’entrée potentielle d’investisseurs au capital du club. Le ton se veut mesuré mais derrière la prudence habituelle du dirigeant, une réalité s’impose : Nicollin est prêt à passer la main. Et ça, c’est nouveau. Il n’a plus le choix.
Depuis plusieurs jours, le nom de GSS circule dans les couloirs du MHSC. Un groupement d’investisseurs, à majorité anglaise, avec des noms comme Daniel Karbassiyoon et Ilkay Gündogan évoqués dans la presse. Nicollin ne confirme pas, ne dément pas. Mais il confirme l’essentiel : les discussions existent, elles avancent, et un seul interlocuteur est désormais dans la course.
Vente MHSC : Un processus avancé, une signature encore loin ?
«On avait trois potentiels investisseurs, on en a retenu un avec la banque Case Cassiopea il y a environ un mois et demi. Maintenant, on est dans les clauses, les détails. Ça avance bien.»
Voilà l’état des lieux. Les discussions sont sérieuses, le partenaire sélectionné, les avocats et banquiers à l’œuvre de part et d’autre. Mais Nicollin essaye de tempèrer les ardeurs : «Une vente de société, majoritaire ou minoritaire, c’est entre six mois et un an. Ça ne se signera pas demain matin.»
La fenêtre réaliste pour une officialisation ? Fin juin, début juillet. Et encore, à condition que tout s’aligne. «Si ça ne se fait pas, on continuera. Et si ça doit durer un peu plus, ça durera un peu plus.» Le président héraultais gère le calendrier sans se laisser emporter par l’agitation médiatique des derniers jours.
Minoritaire ou majoritaire : le silence qui en dit long
La question qui intéresse tout le monde, Nicollin refuse d’y répondre. Rachat total ou prise de participation minoritaire ? «On attend de signer les documents, et en fonction, on expliquera sur quoi on part. Tant que rien n’est validé ni dans un sens ni dans l’autre, je ne vais pas vous dire ce qu’on va faire. Il n’y a pas de raison de donner de faux espoirs ou de fausses joies.» Peu probable de voir Laurent Nicolin et sa famille majoritaire au MHSC dans les semaines à venir. Ce n’est clairement pas la tendance.
«Les banquiers se sont renseignés : c’est solide, viable.» Pour un président qui hérite d’un club fondé par son père en 1974, cette validation n’est pas anodine. Il ne lâche pas le Montpellier HSC (MHSC) à n’importe qui. Lui se veut confiant. Les supporters nettement moins. Et les dernières informations ne rassurent pas. D’où la sortie du Président.
MHSC : Une catastrophe se prépare avec la vente de Montpellier
La famille Nicollin face à son histoire
Nicollin sort du registre technique pour parler humainement. «On a toujours dit, moi le premier, que Montpellier n’est pas une royauté. Avec mon frère, la petite soeur, peut-être qu’à 52 ans, elle a envie de se marier avec quelqu’un d’autre. Nous, on l’a toujours protégée, on l’a gardée à la maison. Peut-être qu’il faut qu’elle vole de ses propres ailes.»
La métaphore familiale est délibérée. Le MHSC, c’est la vie des Nicollin depuis plus de cinquante ans. Lâcher ça ne se fait pas sans réflexion, sans douleur. Mais il n’a plus les moyens de suivre. Plus le choix. Il faut vendre. «En un an, entre la descente, la non-réalisation du stade, la baisse des droits télé, ça fait beaucoup de choses. Ça a été dur mentalement et humainement.»
Une usure économique mais pas que : «J’ai 53 ans, je n’ai pas envie de mourir à 60, il faut aussi se préserver.» Nicollin parle de sa santé et de ses limites. Un président qui commence à raisonner en termes personnels autant que sportifs, c’est un président qui pense sérieusement à la suite.
MHSC : Prêt pour les deux scénarios ?
La conclusion de l’entretien est clair. Montpellier a passé la DNCG sans mesures particulières. Le club est aujourd’hui autonome et viable «On est prêts. Avançons, faisons les choses dans l’ordre.»
Mais si GSS arrive, un nouveau budget sera présenté. Deux trajectoires possibles, deux projets parallèles. Le MHSC attend. Et Nicollin, pour la première fois depuis longtemps, envisage sérieusement de ne plus en être le patron.
Source : L’Équipe (Benjamin Henry, 8 juin 2026)


