Nicolas Usaï a posé ses valises au Stade de Reims avec un discours qui tranche avec l’ambiance des deux dernières saisons. Présenté cette semaine à l’occasion de la reprise, le nouvel entraîneur rémois a livré un message d’enthousiasme assumé, presque revendiqué comme une rupture de ton.
« J’ai passé quelques mois où j’ai été inactif, donc ça m’a fait beaucoup de bien », confie d’emblée Usaï. Une parenthèse qui semble avoir façonné son état d’esprit au moment de reprendre du service. Quand Mathieu Lacour, le directeur sportif rémois, l’a contacté, la décision n’a pas traîné. « À partir du moment où c’est Mathieu qui m’a appelé pour la première fois et que je suis venu, que j’ai passé le portail de Raymond Kopa, ça a été pour moi une évidence. »
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Usaï : Un discours volontairement à contre-courant
Le technicien de 52 ans n’a pas caché qu’il percevait, dans l’ambiance générale autour du club, une forme de lassitude après deux saisons sans montée en Ligue 1. « Je sens dans vos différents propos que j’entends aujourd’hui, de la déception par rapport aux deux saisons qui viennent de s’écouler. Je sens une légère pointe, un peu de pessimisme. » Sa réponse est sans détour : « J’arrive avec beaucoup d’enthousiasme, beaucoup de joie et beaucoup de bonheur de pouvoir intégrer un club, une structure comme le Stade de Reims. »
Pour lui, le regard porté sur le club doit changer de perspective. « Quand on arrive dans un club comme ça, on peut s’apercevoir de la chance qu’on peut avoir de travailler dans des conditions qui sont optimales, avec des staffs technique, médical, performance, des gens qui nous accompagnent avec la volonté vraiment de pouvoir permettre aux joueurs d’être accompagnés dans les meilleures conditions possibles. » Et d’ajouter, avec une formule qui résume bien sa philosophie du moment : « Quand on y est depuis des années, quand on accompagne l’équipe depuis des années, on regarde souvent le verre à moitié vide, mais le verre à moitié plein est magnifique. »
Stade de Reims : La formation comme colonne vertébrale du projet
Usaï insiste sur ce qui, selon lui, distingue Reims des autres clubs où il est passé. « De par mes différentes expériences dans les différents clubs dans lesquels j’ai évolué, effectivement, il y avait toujours ce regard sur le fait de pouvoir développer des jeunes, de pouvoir intégrer des jeunes. Il y a eu des clubs où je suis passé où c’était un impératif financier et c’était une question de survie de pouvoir faire ça. »
À Reims, le contexte est différent selon lui : « J’arrive dans un club où il y a une vraie projection, une vraie réflexion sur la durée, sur le processus justement du développement du jeune. » Deux mots reviennent en boucle dans son discours : « performer » et « révéler ». « Ma tâche, ce sera de faire en sorte que tous ces jeunes puissent rentrer dans une alchimie qui permette au collectif de pouvoir performer. » Une nuance importante toutefois : « Pour développer un jeune et pour pouvoir le mettre dans les meilleures conditions, c’est toujours plus facile d’arriver dans une équipe qui performe et qui tourne sur la compétition. » Le message est clair : la formation et le résultat ne s’opposent pas, ils se nourrissent l’un l’autre.
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Une préparation déjà bien avancée pour le Stade de Reims
Sur l’aspect organisationnel, le coach rémois affiche une sérénité qui tranche avec l’image d’un club encore en pleine reconstruction. « On a beaucoup travaillé durant la deuxième quinzaine du mois de mai et donc ça nous a permis de gagner du temps et d’arriver aujourd’hui avec une planification sur la préparation qui est faite, un groupe qui est largement constitué avec des profils de postes qu’on va rechercher. Donc tout est clair sur la feuille de route. »
Concrètement, le travail commence par les fondamentaux du collectif. « On en a parlé avec le groupe ce matin, on doit poser les fondations, parce qu’il faut qu’il y ait des fondations assez solides, de poser les bases de ce qu’on a envie de faire. Donc d’abord c’est de fixer un cadre, parce qu’on va vivre en commun pendant de longs mois. Et ensuite on va rentrer dans l’aspect principe de jeu, organisation, tout ce qu’on a envie de faire. » L’objectif affiché est la connexion entre tous les acteurs du projet : « Se connecter les uns aux autres, staff, joueurs, et pouvoir avoir la même envie et le même projet par rapport à ce qu’on a envie de faire sur le plan collectif. »
Le poids de l’histoire et l’aspect humain
Usaï, qui connaît le club depuis longtemps, n’a pas caché son émotion en évoquant le centre Raymond-Kopa. « J’ai 52 ans donc je connais le Stade de Reims, je connais l’histoire du Stade de Reims. Et quand on passe dans ces murs et dans ces locaux, on sent la douce saveur de l’histoire, donc c’est très excitant par rapport à ça. »
Sur sa méthode de management, le technicien insiste sur la dimension humaine du métier. « Il n’y a pas d’aventure sportive sans aventure humaine. On est tous différents, on a tous des choses qui nous tiennent à cœur. J’ai besoin de découvrir les joueurs mais j’ai besoin de connaître les hommes aussi. » Il prend toutefois soin de nuancer un cliché souvent associé à ce type de discours : « Quand on parle d’aspect humain, de suite il y a un raccourci qui est fait sur la bienveillance, la gentillesse. C’est important d’être bienveillant dans un cadre exigeant. Dans une seule envie, c’est d’être des compétiteurs. » Sur le groupe découvert depuis quelques semaines, son jugement est positif : « Je le trouve de qualité à l’instant T et je suis ravi de travailler avec ces garçons. »
Stade de Reims : Le programme de préparation et l’ambition assumée
Le calendrier estival est déjà calé, avec un stage prévu la troisième semaine au Touquet. « Tout est planifié, les matchs de préparation. L’idée d’abord c’est de remplir les organismes sur le plan athlétique et que très rapidement les joueurs puissent se connecter sur les principes de jeu, sur les attitudes et sur le comportement collectif et individuel de ce qu’on attend de nos joueurs. »
Sur l’objectif de la saison, Usaï ne tergiverse pas. « L’ambition, c’est de monter, effectivement. L’ambition, c’est d’être le plus performant possible. » Conscient de la précarité de sa fonction, il assume néanmoins une vision de long terme. « Je ne vais pas vous cacher que le métier d’entraîneur, c’est un métier précaire. Mais quand on arrive dans un club, mon sentiment c’est que je me projette sur les 10 prochaines années. » Et de conclure sur une philosophie qui résume bien son état d’esprit du moment : « Je pars du principe que pour voir ce qui arrive devant, il ne faut pas regarder derrière. Ça, c’est ma position. »
Un attachement déjà revendiqué aux couleurs rémoises
Interrogé sur son passé à Sedan, club historiquement rival de Reims, Usaï assume sans détour cette part de son parcours tout en affirmant sa loyauté nouvelle. « Sedan en fait partie, donc je connais la rivalité et le derby que ça peut représenter ici. Mais à partir du moment où on arrive dans un club, on s’imprègne immédiatement de son ADN, de ses couleurs, et aujourd’hui, je suis rouge et blanc. »
Un discours d’arrivée qui pose les bases d’un projet assumé : enthousiasme retrouvé, formation au service de la performance, et une ambition de montée clairement affichée pour cette saison 2026-2027.
Source : Conférence de presse, Nicolas Usaï


