Son père regardait déjà les Verts avant de mourir trop tôt. Aujourd’hui, c’est son fils qui porte le maillot. L’histoire de Mamour Ndiaye à l’ASSE dépasse largement le simple recrutement sportif.
Arrivé cet été de Sarpsborg, en Norvège, pour doubler Gautier Larsonneur dans les cages stéphanoises, le jeune gardien a accepté de se livrer sans détour sur son transfert, sa famille et son amour pour le club forézien.
ASSE : Un supporter qui a dit oui avant même de lire le contrat
Titulaire dans son club norvégien de première division, Ndiaye n’avait objectivement aucune obligation sportive de rejoindre un promu de Ligue 2. Le déclic est venu d’ailleurs, d’un lien humain tissé bien avant la signature. « Les premiers contacts avec l’AS Saint-Étienne ça fait longtemps ! Il y avait Alexandre Lousberg qui est même venu me voir. Je peux aussi le dire pour lui, c’est comme un grand frère. »
Le club a ensuite pris le temps d’étudier le profil du gardien dans ses moindres détails, au-delà des simples arrêts. « Ils ont regardé mes matchs, la façon dont je communique avec les joueurs, comment je prends mes responsabilités sur un terrain, ils ont bien aimé je crois. » Mais la vraie bascule tient en une phrase, prononcée sans détour : « Je suis un Stéphanois de base donc vous me proposez de signer à Saint-Étienne, je viens. »
Fahmy, le contrat, et une famille prête à suivre coûte que coûte
Avant de parapher, Ndiaye a échangé avec plusieurs interlocuteurs clés du projet stéphanois, notamment le directeur sportif Huss Fahmy. « Avant de signer, j’ai parlé avec Alexandre Lousberg évidemment, avec Huss Fahmy, un homme tellement gentil, il m’a expliqué le projet de l’équipe. » D’autres clubs s’étaient positionnés sur son profil, sans jamais faire vaciller sa décision. « D’autres clubs voulaient que je signe mais ça ne m’intéressait pas, je ne voulais pas brûler les étapes. »
La lecture du contrat n’a laissé place à aucune hésitation. « Quand j’ai vu le contrat, je n’ai pas hésité, j’ai signé direct. » Et même si l’approbation familiale comptait à ses yeux, elle n’aurait rien changé au fond. « La famille a validé ce choix mais même s’ils disaient non, je venais quand même parce que Saint-Étienne, c’est mon club de coeur depuis que je suis jeune. »
ASSE : Une histoire de filiation, portée par un père disparu trop tôt
Derrière cet attachement viscéral se cache un drame familial que Ndiaye évoque avec pudeur. « Mon père regardait l’AS Saint-Étienne, je n’ai pas vécu très longtemps avec lui, il est décédé quand j’étais jeune. J’ai toujours dit que je suivrais les traces de mon père, c’est pour cela que j’aime l’AS Saint-Étienne. » Une transmission qui dépasse le cadre sportif, et qui donne tout son sens à la signature du jeune gardien dans le Forez.
Larsonneur, le grand frère qui montre la voie à l’ASSE
Sur le terrain, la doublure de Larsonneur ne cache pas le respect qu’elle porte à son numéro un. « Gautier Larsonneur c’est comme mon grand frère, il m’a mis à l’aise. Celui qui a fait beaucoup plus de choses en carrière que toi, tu ne peux qu’apprendre de lui. » Une hiérarchie assumée, vécue comme une opportunité plutôt qu’une contrainte. « Moi je suis là pour apprendre, il me montre des bonnes choses, je suis ouvert à ça. »
Cet esprit collectif, Ndiaye le décrit comme la marque de fabrique du vestiaire des gardiens stéphanois. « Saint-Étienne c’est la famille. Les gardiens surtout, on travaille et on rigole bien tous ensemble. » Une ambiance qu’il résume par une formule qui claque : « Nous ne sommes pas là pour être ennemis, c’est plus que la notion de groupe, on doit être une famille. On se pousse ensemble, on se chamaille, c’est une famille. »
Un discours ambitieux malgré le costume de numéro deux
Sur les objectifs de la saison, le natif du Sénégal ne masque pas son ambition pour un club qu’il juge mal classé au regard de son histoire. « Saint-Étienne est en Ligue 2 mais ce n’est pas sa place et il y a le potentiel pour davantage. Monter l’équipe, c’est la première chose à faire et puis la mettre à tout prix au top niveau, à nous d’écrire l’histoire. » La Coupe de France n’échappe pas non plus à ce discours volontariste. « La Coupe de France pareil, aller le plus loin possible et si on a l’occasion de la prendre, on la prend. Je suis prêt à tout ça. »
Son expérience scandinave, où il a côtoyé des cadors du championnat norvégien, lui sert désormais de référence pour aborder chaque adversaire sans complexe. « En Norvège, j’ai joué contre des grosses équipes, mais au final, c’est toujours onze joueurs contre onze joueurs. On aurait tort de ne pas se donner à fond. »
ASSE : Une hiérarchie qui ne freine pas l’ambition personnelle
Malgré son statut de doublure derrière Larsonneur, Ndiaye ne s’installe pas dans une posture de simple spectateur. Sa conclusion résume l’état d’esprit d’un joueur venu pour progresser, quel que soit son numéro dans la hiérarchie. « Je suis ici pour bosser, numéro 1, numéro 2, numéro 3, peu importe. On va se pousser entre-nous. » Une philosophie qui, mêlée à son histoire personnelle avec le club, promet à l’ASSE bien plus qu’une simple doublure de luxe dans les cages.

Source : Evect


