« Je n’avais pas de vie. » En Allemagne, Killian Corredor jouait tous les matchs et touchait sa prime de confiance. Mais il rentrait direct à l’appart, sans jamais sortir. Aujourd’hui au Fc Nantes, il retrouve Rodez, son club formateur, avec un besoin retrouvé : vivre normalement.
À 25 ans, l’Aveyronnais affronte samedi (14h) son ancien club à l’occasion de la 3e journée de Ligue 2. Pour Centre Presse Aveyron, il s’est livré sans détour sur ses retrouvailles, son adaptation nantaise et son choix de repousser l’ASSE.
Un retour à Rodez sans traitement de faveur attendu
Deux ans après avoir quitté le Raf pour l’Allemagne, Corredor aborde ces retrouvailles avec plaisir, malgré l’étrangeté de se retrouver dans le camp adverse. « Ça va me faire plaisir de revoir un peu tout le monde, même si je connais plus grand monde dans l’équipe. Après, ça va me faire forcément un peu bizarre de me retrouver de l’autre côté. Mais ça me fait plaisir. J’ai hâte de jouer. »
Sur le plan sportif, il connaît la formule ruthénoise par cœur, lui qui en a longtemps porté les valeurs. « Je connais assez Rodez et sa façon de jouer pour savoir que ça va être un match casse-couilles. Ils vont tout donner de la première à la 95e minute ! Ça va dans les duels, ça court… Les valeurs ruthénoises, que j’aie aussi, donc je sais exactement à quoi m’attendre sur ce match. » Il balaie d’ailleurs l’idée d’un marquage individuel spécifique. « Le coach et Darbel me connaissent, mais on a tellement une belle équipe avec de très bons joueurs qu’ils ne pourront pas faire une fixette sur moi. »
Des liens jamais coupés avec l’Aveyron
Malgré son départ, l’attaquant a maintenu le contact avec son club formateur. « J’ai déjà revu cet été Toto, Thomas Frette. Le coach m’a envoyé un message quand j’ai signé à Nantes pour me féliciter. J’ai gardé contacts avec les gens du club. Et quand je rentre à Rodez, je les vois, je les croise souvent puisque c’est quand même assez petit Rodez. »
Fc Nantes : Deux défaites d’entrée, une pression assumée
Le contexte nantais reste tendu après deux revers initiaux et une descente encore fraîche dans les esprits. Corredor affiche pourtant une sérénité affichée face à l’emballement extérieur. « Ce n’est pas un truc qui me fait peur. Je n’y prête pas grande attention. En venant ici, je savais très bien où je mettais les pieds. Je savais que c’était un grand club et qu’il allait forcément y avoir des ambitions et des objectifs élevés. »
Il assume également sa présence systématique devant la presse après chaque match, quel que soit le résultat. « Je reste le Killian que vous aviez à Rodez. Je ne me cache pas et je ne me cacherai jamais. Quand on perd un match, il faut assumer. Le foot est fait de critiques. Ça a toujours été comme ça et ça le sera toujours. » Sur le climat interne autour du club, marqué par des interrogations concernant Michel Der Zakarian, il préfère couper court aux rumeurs extérieures. « En interne, on le prépare de la meilleure des façons possibles. On reste entre nous, on fait abstraction de tout ce qui se dit dehors. »
L’Allemagne, une parenthèse formatrice mais isolante
Sur son passage à Darmstadt, en deuxième division allemande, Corredor ne renie rien du plan sportif, tout en pointant un vide personnel qui a fini par peser. « Pour être très transparent, je n’avais pas de vie. Ma vie se résumait à partir à l’entraînement, revenir à l’appart. Je n’allais pas au resto, on ne faisait rien avec les mecs de l’équipe. » Un manque qui a fini par se ressentir sur le terrain malgré une confiance totale de son entraîneur. « Je voyais que je performais moins. Je me sentais moins bien. J’ai besoin d’avoir une vie à côté qui est plus ou moins normale, comme je l’avais à Rodez, pour pouvoir performer. »

Le FC Nantes plutôt que Saint-Étienne, une question de ressenti
Alors que l’ASSE s’était positionnée avec des propositions concrètes, Corredor a finalement tranché en faveur des Canaris, sur un critère avant tout instinctif. « Honnêtement, c’est le feeling. J’ai eu le président Kita, j’ai eu le coach. Et j’ai ressenti tout de suite un feeling positif. Je me suis directement projeté à Nantes. » Il concède néanmoins la fierté d’avoir été convoité par deux clubs historiques du football français.
Le numéro 9 retrouvé, mais une polyvalence qui colle à la peau
Reculé au poste de numéro 8 outre-Rhin, l’attaquant avait posé comme condition de retrouver un rôle offensif à son retour en France. Pourtant, ses débuts nantais l’ont déjà vu enchaîner plusieurs positions. « Je suis toujours le Killian polyvalent qui joue un peu partout. J’ai été ailier droit, ailier gauche, attaquant et même numéro 8 en deux matches. J’ai quand même l’envie de retrouver les postes offensifs, car les deux ans en numéro 8… Ce n’est pas pour moi. Je sais le faire, mais ce n’est pas dans ma filière. »
Il explique son repositionnement passé en Allemagne par un profil box-to-box réclamé par son ancien entraîneur. « J’arrivais à répéter les efforts dans l’intensité, donc j’arrivais à défendre, et j’arrivais surtout à me projeter sur des transitions. Comme j’ai toujours été archi altruiste, le coach se disait qu’il pourrait se projeter derrière les deux attaquants et les servir. »
Priorité au collectif avant les buts personnels au FC Nantes
Pour ce match particulier, Corredor place clairement le résultat collectif au-dessus de ses statistiques personnelles. « Si on me dit maintenant qu’on gagne le match 2-1 ou 3-0 mais que je ne marque pas, je signe ! Après, je vais tout faire pour marquer, sans dénaturer mon jeu ; mais dans ma tête, le plus important ce n’est pas que je marque, c’est que l’on gagne. » Une déclaration qui n’empêche pas une pointe de gourmandise personnelle pour l’occasion. « À Paul-Lignon, en revanche, il faudra que je fasse trembler les filets. »
Source : Centre Presse Aveyron


