Brest n’y est plus. 4-0 à Jean-Bouin face au Paris FC. 17 buts encaissés sur les six derniers matchs. Et un entraîneur qui n’en peut plus. Eric Roy a lâché la bride dimanche — sur ses joueurs, sur son club, et sur son propre avenir.
Roy ( Brest) ! «Certains ont peut-être arrêté leur Championnat il y a cinq matches»
La première période face au Paris FC a été un calvaire. Battus dans tous les duels, incapables de gagner le moindre ballon, avec un taux de pertes hors-norme — les Brestois ont traversé la première mi-temps comme des fantômes. Roy n’a pas mâché ses mots en conférence de presse, avec une ironie cinglante : «La première période a été catastrophique, on a été très forts avec ou sans ballon. L’objectif, c’était de retrouver un peu de solidité défensive. On peut dire que l’objectif a été rempli…»
Et puis, la phrase qui claque : «C’est malheureux à dire, mais certains ont peut-être arrêté leur Championnat il y a cinq matches quand on s’est maintenu.» Un entraîneur qui accuse publiquement ses propres joueurs d’avoir la tête aux vacances — c’est un aveu d’impuissance, mais aussi une bombe lâchée dans le vestiaire.
Un Paris-Brest qui tourne à la déculottée !
Le capitaine Brendan Chardonnet a tenté de recadrer depuis l’intérieur : «On sait que c’est important d’être performant individuellement et collectivement. Chacun a des choses à prouver. Après cette saison, les carrières de certains ne seront pas terminées, donc il faut donner le meilleur de soi, tout le temps.» Le message est clair mais visiblement pas entendu par tout le monde
«Si le projet, c’est encore de vendre nos meilleurs joueurs et de bricoler…»
Roy ne s’est pas arrêté aux joueurs. C’est sur le projet du club qu’il a tapé le plus fort — et là, les mots sont sans équivoque : «Ce que je vois, c’est inquiétant aujourd’hui, mais c’est inquiétant pour le futur. Parce que si le projet sportif, c’est encore de vendre nos meilleurs joueurs la saison prochaine, et de bricoler encore et encore, c’est évident que ça va devenir compliqué.»
Une sortie directement adressée aux dirigeants brestois, dans un contexte où le départ de Gregory Lorenzi, le directeur sportif, vers Nice ou l’OM semble acté. Le club perd son homme fort du recrutement — et Roy dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : sans stabilité sportive, sans ambition affichée, Brest va reculer.
Son avenir ? «Peut-être que ce n’est pas moi qui déciderai»
La question de son propre futur sur le banc brestois a été posée. Roy n’a pas botté en touche — il a répondu avec une franchise désarmante : «Vous voulez vraiment que je vous dise que je vais partir ? Moi, j’ai le choix, et aujourd’hui je n’en sais rien. Mais peut-être aussi que ce n’est pas moi qui déciderai. Mon président peut très bien me dire : bon maintenant ça va, on va changer de projet. Dans le foot, tout est possible. Encore deux ou trois défaites comme ça, et c’est bien possible.»
Un entraîneur qui envisage publiquement son licenciement — c’est le signal d’une relation club-coach qui vacille. Roy est sur le banc de Brest depuis 2023, il a vécu la grande aventure européenne, les ventes successives. Mais là, il semble avoir atteint une limite.
Trois matchs restent à jouer — PSG, Strasbourg, Angers. Rien à jouer sportivement. Mais beaucoup à dire, apparemment.


