La saison 2025-2026 de Ligue 1 s’est achevée dimanche. Derrière le titre du PSG et la belle saison de Lens, les statistiques racontent une autre histoire : les records, les anomalies, les machines à tirs et les phénomènes discrets qui ont animé une édition passionnante.
Ligue 1 : Lepaul meilleur buteur, Thomasson meilleur passeur
Les deux récompenses individuelles les plus symboliques de la saison sont allées à deux joueurs du même club. Estéban Lepaul, attaquant de Rennes, termine meilleur buteur de Ligue 1 avec 21 buts et 5 passes décisives. Son coéquipier Adrien Thomasson s’empare du titre de meilleur passeur, avant de quitter Rennes pour… rejoindre Rennes, puisque son futur club est le même. Une fin de saison en fanfare pour un milieu qui a construit sa réputation sur la régularité et la vista.
Lens a-t-il trouvé le successeur de Thomasson ?
Lens : le roi du centre et du tacle en Ligue 1
Pierre Sage a construit une machine lensoise reconnaissable entre toutes. 766 centres balancés dans la surface adverse sur la saison, meilleur total de l’élite avec 29,5% de réussite. Les couloirs sont le terrain de jeu favori des Sang et Or, et ce n’est pas un hasard si Matthieu Udol à gauche, Saud Abdulhamid et Ruben Aguilar à droite ont brillé toute la saison. Le 14 mars contre Lorient, Lens a même battu un record européen en centrant 58 fois lors d’un seul match, malgré une défaite 2-1. Le jeu aérien a porté ses fruits : 11 buts de la tête sur la saison.
Ligue 1 2025-2026 : les 8 leaders statistiques de la saison
Au milieu, le double pivot Thomasson-Sangaré a régné sur les duels. Lens est le club ayant effectué le plus de tacles de l’élite (637), dont 185 pour le seul duo, soit 22,3% du total. Sangaré a récupéré le plus de ballons de toute la Ligue 1 (207), Thomasson est deuxième (193). Et côté pressing, le capitaine lensois est sans rival : 2 933 pressings sur la saison, 230 de plus que n’importe quel autre joueur, dont 2 061 à haute intensité.
Metz, roi du dribble malgré la relégation
Dernier de Ligue 1, le FC Metz peut au moins se consoler avec un titre honorifique. Dixièmes au nombre de dribbles tentés, les Grenats sont premiers de l’élite au pourcentage de dribbles réussis : 48,8%, devant Lorient (46,5%), Strasbourg (45,9%), Lens (45,3%) et le PSG (45%). Tsitaichvili (92 dribbles), Hein et Mbala ont porté cette statistique. En queue de peloton dans ce classement, Angers avec seulement 35,7%.
Vitinha, le métronome du champion de Ligue 1
Pour comprendre la domination parisienne, il faut suivre Vitinha. Le Portugais trône en tête de quasiment toutes les catégories liées au ballon : le plus grand nombre de passes, le plus de ballons touchés, le plus de ballons portés dans le dernier tiers adverse. Dans son sillage, le PSG a écrasé la Ligue 1 dans les données de possession avec 68,9% de moyenne, le plus grand nombre de ballons touchés dans la surface adverse (1 215), de dribbles tentés (723), de séquences de plus de 10 passes (885) et d’attaques construites (218). Un champion qui a parfois souffert sur le plan des résultats, mais jamais sur le plan de la maîtrise.
Mesloub, Del Castillo, Senaya : les records de temps
La saison a offert quelques moments statistiquement uniques. À 16 ans et 6 mois, le Lensois Mezian Mesloub a inscrit un but cinq secondes seulement après son entrée en jeu le 8 mai contre Nantes, record absolu en Ligue 1 depuis qu’Opta analyse la compétition. À Lorient, la même journée du 1er mars a livré deux anomalies temporelles : Marvin Senaya (Auxerre) a ouvert le score après seulement 46 secondes, but le plus précoce de la saison, tandis que Romain Del Castillo (Brest) a transformé un penalty à la 99e minute et 18 secondes contre Metz, but le plus tardif.
Greenwood tire, Aubameyang manque
Mason Greenwood n’aime pas passer quand il peut tirer. Deuxième meilleur buteur de Ligue 1 avec 16 réalisations, l’Anglais de l’OM est aussi et surtout le joueur qui a tenté le plus de tirs de toute la saison : 115 frappes, soit 23 de plus que son dauphin Lassine Sinayoko (92). Et quand il tire, il cadre : premier au nombre de tirs cadrés avec 48, soit 9 de plus que le deuxième Estéban Lepaul. Une efficacité qui contraste avec son coéquipier Pierre-Emerick Aubameyang, dont la saison a été gâchée par 21 grosses occasions manquées, pour un différentiel xG/buts abyssal : 10 buts pour 13,21 expected goals.
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Soumaré – HAC, l’anomalie de la Ligue 1
Issa Soumaré est le joueur le plus inclassable de la saison. Héros du maintien havrais avec 8 buts et 5 passes décisives, le Sénégalais apparaît dans un nombre impressionnant de classements statistiques. Troisième joueur de champ le plus utilisé (2 942 minutes), dixième au nombre de sprints à haute intensité (1 589), deuxième au nombre de duels disputés (496), quatrième aux fautes commises (56) et premier aux fautes subies (74) : un électron libre généreux jusqu’à l’excès.
Le revers de cette générosité : un manque de lucidité chronique devant le but. Cinquième au nombre de tirs (77), auteur de 4 frappes sur les montants, responsable de 18 grosses occasions manquées. Son différentiel xG/buts est le plus grand de toute l’élite : 14,72 expected goals pour 8 buts inscrits. Un joueur qui aurait dû marquer presque deux fois plus. Le maintien du HAC tient aussi à ce qu’il a accompli malgré tout.


