Beşiktaş 4-1 OM. Le score final ne reflète même pas l’ampleur du naufrage marseillais en seconde période. Après une quatrième défaite consécutive, la troisième en une semaine, Bruno Genesio a livré un constat sans détour sur l’effondrement collectif de son équipe, allant jusqu’à évoquer sa propre remise en question.
Sur le contenu du match, l’entraîneur marseillais a d’abord salué la physionomie initiale de la rencontre, avant de pointer la bascule fatale. « On a fait jeu égal en première période, voire un peu mieux, car on a su réagir, on s’est créé quelques situations pour prendre l’avantage. C’était aussi le cas en début de seconde période, sur cinq à dix minutes », a-t-il détaillé. Mais la suite a tourné au chaos généralisé : « On a tout confondu ensuite, tactiquement, dans la concentration, à l’image du but sur corner où on est complètement passifs et c’était un peu n’importe quoi à tout niveau sur la fin de match ».
Les statistiques du match confirment d’ailleurs cette physionomie contrastée. L’OM avait dominé les indicateurs offensifs, avec 2,93 buts attendus contre 1,26 pour Beşiktaş, 18 tirs contre 14, et trois grosses occasions contre une seule côté turc. Un déséquilibre statistique largement à l’avantage marseillais qui rend d’autant plus frappant le score final de 4-1.
Un effondrement mental identifié précisément
Sur le moment charnière du match, Genesio a désigné avec précision l’instant où tout a basculé. « On a oublié tous les fondamentaux à partir du moment où on a été menés 3-1 en se désorganisant, et on a été sanctionnés. Et ça aurait encore pu être plus lourd », a-t-il reconnu, avant d’ajouter un constat plus inquiétant sur l’état d’esprit de son groupe : « Ce qui me gêne le plus, à la différence des autres matches, c’est qu’on a un peu lâché sur la fin. On n’a pas senti qu’on avait encore l’énergie pour revenir à 3-2 car on avait des possibilités ».
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Confronté à la similitude de ce scénario avec la défaite concédée à Rennes une semaine plus tôt (0-1), le technicien marseillais n’a pas cherché à minimiser la portée de cette série noire. « Quand les choses se reproduisent, ce n’est pas le hasard, forcément. Cela peut arriver une fois, de manquer de réussite… Il y a des raisons. Il faudra bien analyser », a-t-il prévenu.
Interrogé plus frontalement sur une éventuelle envie de jeter l’éponge, Genesio a livré une réponse empreinte de lucidité, sans se dérober à sa part de responsabilité. « Il y a toujours une responsabilité de la part de l’entraîneur. Cela ne servirait pas à grand-chose (de lâcher). Mais il y a une remise en question de ma part, je ne peux pas occulter que, depuis le premier match, on n’a pas réussi à corriger les erreurs », a-t-il admis.
Changer de système ? Genesio tranche
Sur les solutions envisagées pour enrayer cette spirale négative, l’entraîneur de l’OM a exclu, pour l’instant, un bouleversement tactique complet. « Ce sont des questions qu’on se pose avec le staff. Changer de système, je ne suis pas sûr que ce soit la solution idéale. Parce qu’on a quand même des repères dans ce système-là, même si ça ne paye pas au niveau des résultats », a-t-il expliqué, avant de pointer un chantier plus profond : « Mentalement, on a un gros travail à faire. On court toujours après le score. Lorsque ça se reproduit aussi souvent, cela marque les esprits ».
Une défaite qui intervient à trois jours du Classique face au PSG, un contexte qui ne laisse guère de répit à Genesio et son groupe pour inverser la tendance.
| Statistiques | Beşiktaş | OM |
|---|---|---|
| Possession | 55% | 45% |
| Buts attendus (xG) | 2,93 | 1,26 |
| Grosses occasions | 3 | 1 |
| Total des tirs | 18 | 14 |
| Arrêts du gardien | 2 | 3 |
| Corners | 3 | 3 |
| Fautes | 11 | 12 |
| Passes | 564 | 458 |
| Tacles | 15 | 15 |
| Coups francs | 12 | 11 |
| Cartons jaunes | 2 | 1 |


