Yanis Begraoui connaît Ian Cathro mieux que quiconque en France. Deux saisons à Estoril sous ses ordres, 70 matchs officiels, 20 buts la saison dernière en première division portugaise. L’attaquant franco-marocain, ancien joueur de l’AJA et du TFC, livre un portrait sans filtre du nouvel entraîneur stéphanois. Et il a un message pour les supporters verts.
Cathro : Un coach jeune, mais pas un débutant
La première chose que Begraoui veut clarifier, c’est l’expérience. «C’est un jeune coach, mais avec une très grande expérience du très haut niveau. On sent qu’il a travaillé avec des entraîneurs qui ont connu le haut niveau, et surtout dans différentes Ligues, comme la Premier League et la Liga.» Cathro n’arrive pas à Saint-Étienne en terres incognues. Il arrive avec une connaissance footballistique construite au contact des meilleurs, et une identité de jeu qu’il n’a jamais reniée quelle que soit l’adversité. «Il n’a pas peur quand il joue contre des grosses équipes. Il a ses idées, il a confiance en ses idées et en son équipe.»
L’intensité comme fil rouge chez Cathro
Ce qui frappe Begraoui en deux ans de collaboration, c’est l’exigence permanente à l’entraînement. «Ses séances sont assez intenses, bien préparées avec son staff. Il cherche à mettre beaucoup d’intensité dans son jeu, que ce soit à l’entraînement ou en match.» Sur le plan tactique, Cathro aime presser haut, étouffer l’adversaire, mener le tempo. «Son principe de jeu marquant, c’est sa faculté à aller chercher haut, c’est lui qui mène le tempo du match, qu’on joue à domicile ou à l’extérieur.» Offensivement, il réclame du mouvement, des permutations, de la liberté. Mais cette liberté a un prix : la rigueur défensive dès la perte de balle. De quoi rassurer ?
ASSE : La question qui agite les supporters verts
Horneland avait les mêmes caractéristiques sur le papier, un jeu offensif et intense, et l’ASSE en a payé le prix défensivement. Begraoui l’anticipe et répond directement. «Ian Cathro prône certes un jeu offensif, mais il est très, très exigeant sur la phase défensive. Ce n’est pas parce qu’on a pris beaucoup de buts et qu’on en a aussi concédé pas mal que ça va se reproduire lors de ses prochaines expériences. Je peux comprendre qu’il y ait de l’inquiétude mais il met autant d’importance sur la phase défensive que sur la phase offensive.» Les buts encaissés à Estoril s’expliqueraient par des blessures et des absences, pas par un système structurellement défaillant.
ASSE : Un coach qui fera progresser
Sur le plan individuel, le témoignage parle. Avant d’attaquer sa deuxième saison à Estoril, Cathro reçoit Begraoui et lui fixe un objectif : 20 buts. «Il m’a dit qu’il avait confiance. Que ça pouvait paraître fou, que peut-être peu de gens pouvaient y croire mais que lui y croyait vraiment.» L’attaquant a atteint cet objectif, terminant sur le podium des meilleurs buteurs de la Liga Portugal. Ce n’est pas un hasard. À Estoril, plusieurs joueurs ont vécu la même progression. «On est nombreux à avoir franchi un palier grâce à lui.»
Ce qu’il faudra construire à Sainté
Begraoui pointe un élément clé pour la saison à venir. À Estoril, Cathro s’appuyait sur un noyau dur de cinq tauliers, des joueurs expérimentés qui servaient de relais dans le vestiaire et géraient les situations sans que le staff n’ait à intervenir. «Que ce soit pour rester et performer dans l’élite ou pour la retrouver, pour moi c’est important d’avoir quelques tauliers dans un vestiaire, des joueurs fiables, exemplaires et expérimentés.» C’est précisément l’un des chantiers du mercato stéphanois cet été. Cathro sait quoi faire avec un groupe soudé. Encore faut-il lui en donner un.
Quant à savoir si Begraoui lui-même pourrait suivre son ancien entraîneur dans le Forez, la réponse est lapidaire : «La partie mercato je n’en parle pas, moi je suis en vacances.» Le dossier reste ouvert ?


