Philippe Montanier sera-il encore l’entraîneur de l’ASSE ? La question est officiellement posée. Arrivé en cours de saison pour sauver les meubles, le technicien de 61 ans n’a pas rempli son objectif de montée. Son contrat est terminé. Les dirigeants stéphanois doivent trancher vite, dans un contexte où d’autres profils sont désormais disponibles sur le marché.
En conférence de presse d’après-match à Nice, Montanier avait botté en touche : «Ma situation n’est pas importante par rapport à celle du club.» Une formule de prudence qui ne règle rien. Le technicien normand sait que son avenir à Saint-Étienne tient à une décision que les dirigeants ne peuvent plus repousser.
Philippe Montanier : Un bilan contrasté qui complique le verdict
La situation n’est pas aussi simple qu’un licenciement express. Montanier n’a pas totalement échoué. Arrivé pour relancer un groupe meurtri et sans caractère, il a redressé la barre : 2 points par match en moyenne sous ses ordres, contre 1,6 sous Horneland. Il a installé une solidité défensive, redonné corps à un bloc qui n’en était plus un, et su faire dans le pragmatisme face à l’urgence.
Mais les limites sont apparues dans la dernière ligne droite. Les blessures ont pesé lourd, Jaber, Tardieu, Lamba, Le Cardinal manquant à l’appel au pire moment. Et un staff très étoffé, dont les choix interrogent, n’a pas su prévenir ces contrariétés pourtant prévisibles.
Philippe Montanier : Des atouts pour repartir, si la confiance est maintenue
Le Progrès pointe néanmoins des arguments en faveur d’une reconduction. La base défensive construite par Montanier et son adjoint Stéphane Lièvre, réputé sur ce plan, est un socle réel. Surtout, le Normand n’a jamais pu bénéficier d’une préparation estivale complète pour mettre en place ses idées. À Valenciennes, Lens ou Toulouse, il a montré qu’il savait faire jouer ses équipes. Saint-Étienne ne l’a vu qu’en mode pompier.
Une préparation complète changerait la donne. C’est l’argument principal de ceux qui plaident pour sa continuité en interne.
Le marché des entraîneurs change la donne
Ce qui complique l’équation, c’est le timing. D’autres techniciens référencés pour ce type de mission, remontée en Ligue 1 depuis la Ligue 2, sont désormais disponibles sur le marché. Pélissier libre après Auxerre, Oantloni toujours en attente du bon projet, d’autres profils encore. L’ASSE a le choix, et ce choix était bien plus restreint en janvier quand Montanier a été recruté dans l’urgence.
Contrairement à la situation d’Horneland il y a un an, Montanier n’est plus sous contrat. Pas besoin d’indemnités, pas de négociation longue. La décision peut être prise rapidement dans un sens comme dans l’autre. Et selon Le Progrès, les dirigeants devraient trancher vite. Ce que confirme Peuple Vert.
ASSE : Un contexte interne qui pèse aussi
Au-delà du bilan sportif, le contexte humain joue. Julien Le Cardinal, meilleur Stéphanois de la phase retour, a lâché une phrase qui résonne : «J’espère plus de professionnalisme et d’entrain de la part de tout le monde.» Une sortie qui dit beaucoup sur l’état d’esprit d’un vestiaire où certaines attitudes ont crispé, sans que Montanier ne soit directement visé.
L’entraîneur a géré ce groupe avec les outils dont il disposait. Ce qu’il fera avec un groupe reconstruit, personne ne le sait encore. Les dirigeants ont l’été pour répondre à cette question. Mais pas tout l’été.


