Après le revers à Sochaux, Grégory Poirier n’a pas cherché à se cacher derrière des excuses. Devant les médias, le nouvel entraîneur nantais a livré une analyse sans concession de sa jeune équipe, entre remise en question mentale, gestion des blessés et cap fixé avant un déplacement à Boulogne jugé capital. Décryptage complet, données à l’appui, d’un FC Nantes en pleine reconstruction.
Sur l’état de son effectif, Grégory Poirier n’a pas eu de nouvelles à annoncer par rapport aux dernières semaines. « Ça ne change pas par rapport aux derniers matchs, les mêmes absents », a-t-il confirmé. Concernant Killian Corredor et Fabien Centonze, la tendance reste toutefois positive : « Normalement, la réhabilitation est en cours. Ça se passe normalement, ça se passe bien. On a espoir de les voir la semaine prochaine ». Pour Alexis Mirbach en revanche, le retour prendra davantage de temps. Le technicien nantais compte profiter de la trêve internationale et des matchs amicaux à venir pour leur redonner progressivement du rythme, « sur des temps de jeu réduits », avant de réévaluer leur situation.
FC Nantes : Encore une mauvaise nouvelle pour Grégory Poirier
Une défaite digérée comme un signal d’alarme, pas comme un accident
Sur la défaite concédée à Sochaux, Poirier a livré une analyse lucide, refusant de minimiser la portée du résultat. « Pour moi, c’était un sentiment de déception par rapport à l’image qu’on a donnée. Je veux une équipe avec des valeurs », a-t-il insisté, avant d’ajouter un constat plus profond sur l’état mental de certains éléments de son groupe : « Il y a certains joueurs à reconfigurer sur l’aspect mental. Et aussi, bien sûr, qu’il faut de la continuité avec certains joueurs ».
L’entraîneur nantais a également reconnu une part de réussite manquante dans ce revers, sans pour autant s’en servir comme excuse. « Il y avait aussi un scénario qui fait que, je pense, ça aurait pu se passer autrement. Mais ce n’est pas le hasard. Si on en est là et si on a perdu ce match-là, c’est qu’on devait faire plus », a-t-il résumé.
« Reconfigurer » les joueurs, un chantier prioritaire au FCN
Interrogé sur ce qu’il entendait exactement par cette notion de reconfiguration mentale, Poirier a précisé sa pensée : « La reconfiguration, c’est plus les joueurs qui sont déjà là. Les nouveaux joueurs, eux, doivent s’imprégner et amener une nouvelle énergie ». Il a également pointé des lacunes plus techniques, notamment dans le respect des espaces et des distances entre les lignes : « On peut parler aussi de jeu où on a été défaillant dans les positions. Dans le respect des positions, dans les distances entre nous ».
Sur l’entame catastrophique du match face à Sochaux, l’entraîneur nantais a été particulièrement direct : « Les cinq premières minutes, on n’a pas répondu à l’engagement que nous proposait l’adversaire. Et c’est pour ça que je dois me poser les bonnes questions ».
FC Nantes : Un problème mental identifié, mais circonscrit
Sur la question d’un éventuel problème collectif de mental, notamment sur la capacité du groupe à réagir après avoir concédé un but, Poirier a nuancé son propos tout en reconnaissant la réalité du phénomène. « Là, on parle de 2, 3, 4 joueurs et parfois il suffit qu’il y ait un ou deux joueurs. Sur un onze, c’est très important », a-t-il expliqué, avant de revenir sur le but encaissé à Sochaux : « Certes c’est une erreur qui fait mal parce qu’on était à un moment où on prenait le dessus. Mais ça peut arriver ».
Il a également pointé du doigt la gestion émotionnelle de son équipe après l’ouverture du score adverse, symbolisée selon lui par un nombre de fautes trop élevé. « On a l’impression qu’on est tombé dans un sentiment d’impatience, de frustration. Et preuve en est le nombre de fautes qu’on a faites », a-t-il détaillé, avant de conclure sur l’impact concret de cette indiscipline : « Le temps, c’est de l’or quand vous êtes derrière au score. Et nous, on a fait beaucoup de fautes qui n’étaient pas indispensables. Et ça a cassé le rythme ».
Système de jeu : Poirier assume ses choix
Interrogé sur ses deux systèmes de jeu expérimentés depuis son arrivée à Nantes, entre défense à quatre et à trois, l’entraîneur nantais a refusé de faire porter la responsabilité de la défaite sur le plan tactique. « Si vous regardez bien comment on a perdu ce match-là, c’est sur des valeurs, plus que sur le système », a-t-il tranché, avant d’ajouter : « Je n’ai pas de regrets, même si je peux comprendre qu’on dise ça, sur le choix de mon système. J’ai beaucoup plus de regrets sur l’approche mentale sur laquelle je croyais que mes joueurs étaient prêts ».
FC Nantes : Les données confirment un collectif encore en construction
Le profil tactique global du FC Nantes version Data’Scout éclaire ce diagnostic. Un indice de centile permet de situer une équipe par rapport à l’ensemble du championnat : un score de 85, par exemple, signifierait qu’elle se classe devant 85 % des formations de Ligue 2 sur ce critère précis. Sur cette échelle, Nantes affiche une discipline défensive extrêmement fragile (10) couplée à une agressivité élevée (71), une combinaison qui traduit exactement le symptôme pointé par Poirier : un engagement réel dans les duels, mais des fautes évitables qui plombent le collectif au pire moment.
La fiche individuelle de Grégory Poirier, retraçant l’ensemble de sa carrière, montre également un profil en évolution constante. Sa signature tactique actuelle à Nantes (50 en attaque, 57 en contrôle, 53 en défense) diffère sensiblement de ses saisons précédentes au Red Star, où il affichait notamment un pic d’agressivité en 2025-2026 (70 en attaque, mais seulement 25 en endurance). Cette variabilité confirme un entraîneur qui adapte son approche selon les ressources disponibles, un exercice qu’il mène actuellement dans l’urgence au FC Nantes.

Formation : Poirier dément toute tension
Sur les rumeurs de scission avec le centre de formation nantais, alimentées par le renouvellement massif de l’effectif lors du dernier mercato, Poirier s’est montré catégorique. « Mes relations avec la formation sont normales. Je n’ai pas de problèmes. Je n’ai pas le temps d’avoir des problèmes », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant le contexte urgent qui limite ses possibilités actuelles : « Aujourd’hui je ne peux pas faire des tests ou des essais avec certains jeunes en développement. Ce n’est pas le moment ».
Il a néanmoins tenu à rassurer sur ses intentions à moyen terme : « C’est bien dans une dynamique bien plus positive que ces joueurs-là, on va pouvoir les développer. C’est évident et je l’ai en tête », avant de conclure sur sa méthode de travail : « Je vois la bouteille à moitié pleine, comme on dit. Je sais travailler en collaboration ».
FC Nantes : « Mon équipe n’aura pas le même visage dans trois semaines »
Sur la trêve internationale à venir, particulièrement longue cette saison, Poirier a confirmé qu’elle représentait une réelle opportunité de travail pour son groupe. « Mon équipe n’aura pas le même visage dans trois semaines », a-t-il promis, tout en insistant sur l’importance capitale du résultat à Boulogne avant cette coupure : « Il faut avoir des résultats, parce que ça amène aussi une autre approche de travail ». Un programme de matchs amicaux sera communiqué la semaine prochaine, avec l’objectif de « avoir de la continuité dans notre identité de jeu, dans nos principes ».
FC Nantes : Perrin confirmé capitaine à Boulogne
Enfin, sur la question du capitanat, alors que Lucas Perrin avait porté le brassard face à Sochaux, l’entraîneur nantais a levé toute ambiguïté sur son statut. « Lucas Perrin sera le capitaine à Boulogne », a-t-il confirmé sans détour, mettant fin aux interrogations sur une possible hiérarchie tournante au sein du vestiaire nantais.

Source : FC Nantes (conférence de presse) ; Data’Scout


