Nouvelle recrue phare du FC Nantes cet été, Killian Corredor a accepté de se livrer sans détour sur son retour en France, la pression de succéder à Matthis Abline et ses ambitions pour cette saison de remontée. Un entretien qui dessine le portrait d’un attaquant généreux, entier, et bien décidé à faire taire les critiques directement sur le terrain.
Après deux saisons passées à Darmstadt, Killian Corredor a choisi de revenir en France, un choix qu’il explique avant tout par des raisons personnelles. « C’est notamment une décision extrasportive. Il y avait la volonté de me rapprocher de mes amis et de ma famille. C’était aussi pour retrouver du plaisir dans ce que je faisais, tout simplement », confie-t-il, tout en reconnaissant les bénéfices de son expérience allemande : « J’ai découvert une autre mentalité, une autre façon de travailler, une vision du foot différente. Mais j’avais besoin de revenir en France ».
Le contexte nantais, un moteur plutôt qu’un frein
Loin de le faire douter, l’instabilité récente du club nantais a plutôt séduit l’attaquant. « C’était même presque un objectif de se dire : on sait ce que le club traverse, que les supporters ont beaucoup d’attentes par rapport à nous et aux résultats. Je pense que c’est ce dont on a besoin : être poussés dans ce sens-là », explique-t-il, évoquant également un feeling immédiat avec le projet porté par le président et Michel Der Zakarian.
Un tempérament qui assume les critiques
Sur son rapport aux réseaux sociaux, souvent source de tension pour les joueurs après un match difficile, Corredor se distingue par une approche décomplexée. « Il y a plein de joueurs qui n’aiment pas regarder les réseaux sociaux après les matchs. Moi, au contraire, j’aime bien regarder, même si j’en prends plein la gueule, ça ne me fait rien. Ça me motive davantage et ça me donne encore plus envie de faire taire certaines bouches », assume-t-il avec un sourire.
Fc Nantes : Succéder à Abline, une pression relativisée
Sur la comparaison inévitable avec Matthis Abline, meilleur élément nantais des dernières saisons parti à Monaco, l’attaquant refuse de se laisser submerger. « Honnêtement, je n’y pense même pas. Je vais jouer mon football et amener ce que je peux à l’équipe », tranche-t-il, avant de nuancer les points communs entre les deux joueurs : « Matthis va beaucoup plus vite que moi, et il est globalement plus technique ».
Enfin fixé au poste de numéro 9 au Fc Nantes ?
Après avoir été utilisé à de multiples postes lors de son passage en Allemagne, Corredor savoure de retrouver une position clairement définie. « Ah oui, c’était une délivrance », sourit-il, racontant les difficultés rencontrées à Darmstadt après le limogeage rapide de l’entraîneur qui l’avait recruté : « C’était vraiment un objectif de rentrer en France et de trouver un projet où l’on me voit en numéro 9, en numéro 10, ou à la limite dans une ligne à trois attaquants. Mais pas en 8 ou en piston ».
Un altruisme assumé, quitte à sacrifier ses statistiques
Décrit comme un joueur généreux, parfois au détriment de sa propre lucidité devant le but, l’attaquant nantais assume pleinement cette philosophie collective. « Je préfère qu’on soit à deux devant et que l’on soit à 10 buts chacun, plutôt qu’être à 20 buts et que celui d’à côté soit à zéro », résume-t-il, tout en reconnaissant la nécessité de retrouver son sens du but : « Il faut que je retrouve cette finition qui était mon point fort tout au long de ma formation et pendant l’année avec Rodez ».

Une association naissante avec Ganago
Concernant sa complicité en construction avec Frank Ganago, avec qui il devrait former le duo d’attaque dans le 4-4-2 de Michel Der Zakarian, Corredor se montre optimiste. « Il me cherche beaucoup, je le cherche beaucoup. Je sais qu’il a ce côté altruiste comme moi », explique-t-il, avant de reconnaître les consignes précises du staff technique sur sa propension à trop souvent chercher la passe plutôt que la frappe : « Le coach veut que je retrouve ce côté tueur. Quand je rajoute une passe en trop, il vient me voir pour me dire de tirer. Mais ça fait partie de moi. C’est plus fort que moi ».
Fc Nantes : Un supplément de grinta pour affronter la Ligue 2
Reconnu pour son engagement sur le terrain, Corredor veut incarner cette valeur pour l’ensemble du collectif nantais. « Le coach sait que je vais tout donner pour le maillot, que je vais courir, que je serai toujours à 200 %. S’il faut crever sur le terrain, je crèverai sur le terrain », assure-t-il, avant d’insister sur la nécessité de cette mentalité collective pour espérer exister dans un championnat qu’il juge particulièrement relevé cette saison.
Fc Nantes : « Je n’ai pas souvenir d’une Ligue 2 aussi belle »
Fort de son expérience passée à Rodez, l’attaquant nantais porte un regard admiratif sur le plateau de cette nouvelle saison de Ligue 2, marquée par l’arrivée de plusieurs clubs récemment relégués de l’élite. « Aujourd’hui, je n’ai pas souvenir d’une Ligue 2 aussi belle que celle de cette saison », assure-t-il, énumérant Reims, Nantes, Saint-Étienne, Metz et Montpellier parmi les cadors habitués à l’élite, sans oublier des promus solides comme Sochaux et Dijon, ou des habitués des exploits comme Rodez et le Red Star.
Une montée plutôt qu’un maintien tranquille
Interrogé sur son choix de privilégier la Ligue 2 plutôt qu’une potentielle expérience en Ligue 1, Corredor n’a montré aucune hésitation. « Je préfère essayer de connaître une montée, d’aller chatouiller le haut du tableau et viser le titre, plutôt que de jouer le maintien en Ligue 1 », conclut-il, évoquant la frustration de son échec en barrage avec Rodez comme principale motivation pour cette nouvelle tentative avec les Canaris.
FC Nantes : Un échec qui fait mal et un pari très osé pour le FCN


