Mathieu Bodmer a annoncé ce dimanche son départ du Havre AC, quatre ans après avoir contribué à ramener le club normand en Ligue 1. Ancien stéphanois, directeur sportif reconnu, libre de tout contrat : l’ASSE aurait tort de ne pas décrocher son téléphone.
Bodmer claque la porte du Havre sans détour
La victoire au Moustoir contre Lorient, dernier match d’Olivier Pantaloni sur le banc havrais, s’est transformée en soirée de rupture. Mathieu Bodmer a choisi ce moment pour officialiser une décision mûrie depuis des semaines : « J’avais prévenu le président il y a quelques semaines. Il y a des choses que j’ai du mal à accepter en interne. Je pars, je ne demande rien, je n’ai pas besoin d’argent. Juste du respect. »
Le ton est celui d’un homme qui ne part pas sur un coup de tête. « C’est une décision forte, ça fait des semaines, pour ne pas dire des mois, que je l’ai prise. Le plus important était de maintenir le club pour pouvoir partir sur une note positive. C’est fait et j’en suis fier. » Quand on lui demande si le projet Blue Crow et les orientations imposées par l’actionnaire américain sont en cause, il botte en touche avec une pointe d’amertume : « Il faudra leur poser la question. »
Bodmer ne pointe pas les moyens limités comme déclencheur : « On est habitués. On s’est toujours battus avec nos armes. Il y a d’autres choses. » Des choses qu’il refuse visiblement de détailler publiquement, mais qui ont suffi à le convaincre de ne pas faire « l’année de trop ».
Nice : Mathieu Bodmer pour tout reconstruire ?
Quatre ans de travail, un club transformé
Arrivé au HAC en 2022, Bodmer a supervisé le retour du club en Ligue 1 après une décennie d’absence, puis trois maintiens consécutifs dans l’élite. Une séquence que Le Havre n’avait pas connue depuis les années 1990. Il quitte un club stabilisé, solide sportivement, même si les tensions avec la direction actionnaire semblent avoir rendu la situation intenable sur le plan humain.
À 43 ans, l’ancien milieu de terrain est l’un des directeurs sportifs les plus respectés du football français. Sa méthode, ses réseaux, sa capacité à construire avec peu : tout cela a une valeur marchande évidente sur un marché où les bons directeurs sportifs se font rares.
L’ASSE a une carte à jouer ?
Saint-Étienne traverse une période charnière. Loïc Perrin, figure historique du club, concentre les critiques depuis la relégation de 2022 et une saison 2024-25 laborieuse en Ligue 2 malgré un budget supérieur à la concurrence. Le vrai homme fort du quotidien stéphanois s’appelle Huss Fahmy, ancien directeur des opérations d’Arsenal, profil juridique et administratif plus que technicien du terrain. Une lacune que Bodmer pourrait combler naturellement.
Car Bodmer connaît l’ASSE. Il y a joué, il connaît l’ADN du club, la pression des supporters, le poids de l’institution. Passé par l’ASSE en tant que joueur. Ce n’est pas un étranger qui débarquerait dans un club inconnu.
Bodmer libre, la concurrence va s’activer
L’intéressé ne se ferme aucune porte : « Caen, c’est une possibilité, comme l’est Évreux et d’autres clubs. Je ne sais même pas si je serai dans un nouveau club à la rentrée. » Il veut d’abord souffler : « Le plus important, c’est de couper un peu auprès de ma femme et de mes enfants. »
La fenêtre est là. Bodmer est libre, motivé par un nouveau projet solide, et clairement pas dans une démarche purement financière. Pour une ASSE qui cherche à franchir un cap structurel, l’opportunité a rarement été aussi nette. Nice peut y penser également. La concurrence sera rude. Encore faut-il le souhaiter.


