Robert Pirès est de retour à Metz. Vingt-huit ans après son dernier match sous le maillot grenat, le champion du Monde 98 intègre officiellement l’organigramme du FC Metz comme grand ambassadeur. Bernard Serin a dit oui à celui qui avait proposé ses services à plusieurs reprises. Le timing n’est pas anodin : Metz repart en Ligue 2 et mise plus que jamais sur sa formation.
Robert Pirès n’a pas attendu qu’on l’appelle. C’est lui qui a frappé à la porte, à plusieurs reprises, avant que Bernard Serin n’accepte. «Robert nous a proposé ses services et j’ai accepté, car c’est une légende du club. Il assistera aux matchs quand il le pourra et il conseillera les jeunes.» Une nomination qui se dessine depuis des mois, officialisée ce mercredi matin.
Transmettre sera sa mission
Le rôle de grand ambassadeur pourrait ressembler à un titre honorifique. Pirès a été clair sur ce qu’il veut apporter aux jeunes du centre de formation grenat, où évolue d’ailleurs son propre fils Théo.
«Ce que je veux leur apporter, ce sont des conseils sur ce qui risque de leur arriver. Rester, se former, prendre son temps. Ce que je veux leur faire comprendre, c’est que si tu veux durer, il faut prendre son temps. Si tu as du talent, le président et l’entraîneur vont te faire confiance, tu vas jouer, t’exposer, et inévitablement un grand club viendra frapper à la porte du FC Metz.»
Un message qui prend une dimension particulière dans le contexte messin actuel. Plusieurs jeunes talents ont quitté la Moselle très tôt ces dernières années, parfois avant de s’être vraiment imposés en équipe première. Pirès, lui, connaît le chemin inverse : il est parti de Metz pour construire une carrière européenne, et il revient pour dire aux suivants de ne pas brûler les étapes.
Un jubilé, des ambitions, un rôle
La démarche de Pirès avait déjà été annoncée lors de la présentation de son jubilé, prévu le 6 octobre prochain à Metz. «Si Bernard Serin a besoin de moi pour n’importe quel rôle, pour aider, je le ferai car c’est un club qui compte beaucoup pour moi.» Des mots qui n’étaient pas restés sans suite.
Son agenda est déjà chargé : présence aux matchs quand il le peut, opérations avec les partenaires du club, accompagnement des jeunes. L’ancien milieu offensif n’exclut pas non plus, si Francis De Taddéo le lui demande, de rechausser les crampons pour quelques séances d’entraînement. Arsenal, dont il est également ambassadeur depuis plusieurs années, a donné son feu vert pour cette mission lorraine. «Les deux sont parfaitement compatibles», confirme-t-il.
Le FC Metz mise sur sa formation pour survivre en Ligue 2
L’arrivée de Pirès s’inscrit dans une stratégie assumée par Bernard Serin. «L’économie du football aujourd’hui, en Ligue 1 comme en Ligue 2, oblige tous les clubs français à équilibrer leurs comptes grâce aux plus-values sur les transferts.» Le centre de formation n’est pas qu’une fierté sportive, c’est un outil économique indispensable.
C’est là qu’un Robert Pirès devra faire la différence : pas comme directeur sportif, pas comme entraîneur, mais comme voix crédible pour convaincre un gamin de 18 ans que partir trop tôt est souvent une erreur.
Alors, vrai rôle ou technique our calmer les supporters mécontents ces dernières semaines ? Chacun se fera son avis.


