Une semaine après une prestation méconnaissable à Prague, l’OL a retrouvé toutes ses vertus. Vainqueurs 3-0 d’un Sparta Prague réduit à dix dès la demi-heure de jeu, les Lyonnais valident leur qualification pour les barrages de la Ligue des champions et affronteront Fenerbahçe les 18 et 26 août prochains. Décryptage complet d’une soirée référence au Groupama Stadium.
Plus de 51 000 spectateurs avaient répondu présent au Groupama Stadium pour ce match retour à haut risque. Et l’OL a immédiatement répondu au défi qui lui était lancé après le revers concédé à l’aller (2-1). Cohérente dans son organisation, l’équipe de Paulo Fonseca a d’abord dû composer avec un Sparta Prague qui semblait prendre le contrôle des opérations après un premier quart d’heure équilibré, marqué par une belle occasion lyonnaise sur corner de Nuamah pour Openda.
Il fallait de la patience pour se dégager de l’étreinte tchèque. Moussa Niakhaté, de retour dans l’axe, servait Corentin Tolisso, dont la frappe flottante était mal maîtrisée par le gardien Surovcik. Ernest Nuamah, qui avait suivi l’action, ne laissait pas passer l’occasion de fêter son retour dans le onze en ouvrant le score (1-0, 20e). Un but qui libérait immédiatement le stade et l’équipe.
L’expulsion de Sevinsky change tout
Tolisso manquait le cadre quelques minutes plus tard sur un centre d’Openda (27e), avant que Malick Fofana ne bute coup sur coup sur un grand Jakub Surovcik, auteur d’une double parade décisive (32e). Mais le tournant du match survenait dans la foulée : Adam Sevinsky, dernier défenseur, faisait chuter Openda et voyait l’arbitre Marciniak dégainer le carton rouge sans hésiter. Le Sparta évoluait à dix pour près d’une heure de jeu.
À la pause, une partie du chemin était dégagée, mais les Tchèques organisaient leur résistance, comme sur cette tête d’Adam Karabec au-dessus après un centre de John Mercado (30e), ou cette frappe hors cadre de Braut Brunes (39e). L’OL devait rester patient dans la construction et plus tranchant dans la zone de vérité.
Une deuxième période à sens unique
La montée en puissance lyonnaise s’est matérialisée à partir de l’heure de jeu. Tyler Morton multipliait les frappes puissantes, d’abord repoussée par le gardien (61e), puis sur la barre transversale (62e). Le Groupama Stadium sentait le point de rupture approcher pour des Tchèques éprouvés physiquement. Ainsley Maitland-Niles, esseulé au second poteau, débloquait la situation sur un centre de Tolisso (66e), avant que Morton ne libère définitivement son équipe d’une nouvelle frappe superbe (3-0, 72e).
Les statistiques de la rencontre confirment cette domination totale : 55% de possession, 19 tirs tentés contre seulement 6 pour le Sparta, et surtout 5 grosses occasions créées contre une seule côté tchèque. Sur le plan des duels, Lyon l’a également emporté largement, avec 20 tacles contre 12 et 7 corners obtenus contre un seul pour l’adversaire. Le gardien lyonnais Greif n’a eu à intervenir qu’une seule fois, quand son homologue tchèque a dû sortir huit arrêts.
OL : Une domination totale confirmée par les statistiques
Les chiffres de la rencontre traduisent fidèlement l’écart affiché sur le terrain. Lyon a dominé la possession de balle (55% contre 45%) et surtout multiplié les situations dangereuses, avec 5 grosses occasions créées contre une seule côté tchèque. Sur le volume de jeu, l’OL a tenté 19 tirs contre seulement 6 pour le Sparta, tout en obtenant 7 corners contre un seul. Le gardien lyonnais Greif n’a eu à s’employer qu’une seule fois sur l’ensemble de la rencontre, quand son homologue tchèque Surovcik a dû sortir 8 arrêts pour limiter la casse. Dans l’engagement, Lyon a également pris l’ascendant avec 20 tacles contre 12 et 506 passes tentées contre 411, un total logique au regard de la domination collective affichée après l’expulsion de Sevinsky.
Un trio d’attaque étincelant, une colonne vertébrale retrouvée
Sur le plan individuel, les retours de Nuamah et Fofana ont fait un bien fou à l’animation offensive lyonnaise. Nuamah, très en jambes en première période, a amené les deux premiers dangers par la passe avant de suivre pour ouvrir le score, sans jamais cesser ses efforts. Fofana a mis un temps à se montrer dangereux mais a généré du danger par ses courses et ses dribbles. Openda, redoutable par sa mobilité, a poussé Sevinsky à la faute et à l’exclusion précoce, terminant la rencontre avec des crampes.
Au milieu, Tyler Morton a livré une prestation de patron, multipliant les passes claquées avant d’oser enfin frapper, avec la réussite au bout. Corentin Tolisso a été impliqué sur les trois réalisations, entre frappe lourde, travail préparatoire et centre décisif. Moussa Niakhaté, retrouvé à son meilleur niveau de la saison passée, a mis un gros impact défensif et s’est montré décisif dans la construction des deux premiers buts.
Quelques fausses notes ont toutefois été relevées, notamment dans le secteur défensif face au un contre un : Ruben Kluivert a connu plusieurs situations tendues, Maitland-Niles a eu du mal à contenir l’intenable Mercado, tandis qu’Abner s’est parfois tenu trop loin d’Alcocer. Adam Karabec a d’ailleurs manqué l’immanquable à six mètres en première période, oublié au marquage.
OL : Fonseca savoure une victoire méritée
Au coup de sifflet final, Paulo Fonseca n’a pas caché sa satisfaction. « Ce qu’on avait programmé et travaillé, on l’a fait aujourd’hui. On a démarré fort contre une équipe qui a montré ses qualités. Mais on était supérieur je pense. On a créé sur les côtés, des connexions avec Malick et Abner côté gauche, à droite plutôt avec les initiatives individuelles d’Ernest. On a mérité totalement notre victoire », a-t-il détaillé.
L’entraîneur lyonnais a également salué l’apport immédiat de ses deux ailiers de retour de blessure. « Malick et Ernest sont très importants pour nous. Pour des joueurs qui disputaient leur premier match, leurs performances ont été très positives », a-t-il souligné. Interrogé sur les sifflets adressés à Maitland-Niles malgré son but décisif, Fonseca a tenu à défendre son latéral. « Je ne suis pas d’accord avec ces manifestations sur un joueur. On ne doit pas oublier qu’il a joué contre le joueur adverse le plus rapide, et qu’il a marqué ce soir et a bien joué. Il avait un travail difficile et il l’a bien fait, il a besoin de confiance », a-t-il plaidé.
OL : Cap sur Fenerbahçe, entre lucidité et ambition
Concernant le prochain adversaire en barrages, Fonseca a affiché une lucidité assumée face à l’armada financière turque. « Regardez les joueurs qu’ils ont achetés. Leur investissement est incroyable, ils seront favoris, mais nous voulons nous battre. Les supporters ne peuvent oublier que le Lyon d’aujourd’hui n’est pas celui du passé, celui qui pouvait acheter des joueurs à 20, ou 30 millions. On est face à une autre réalité », a-t-il rappelé, sans pour autant renoncer à l’ambition collective.
Le technicien portugais a enfin tenu à saluer le soutien du public lyonnais, massivement mobilisé malgré la période estivale. « C’était incroyable, 50 000 supporters pendant les vacances. Je l’ai dit aux joueurs, c’est un vrai signe que nos supporters croient en nous, je suis heureux qu’ils nous aient soutenus jusqu’au bout », a-t-il conclu. Rendez-vous est pris pour le match aller à Istanbul, le 18 août, avant la manche retour décisive à Lyon le 26 août.
Source : Le Progres – Sofascore


