Rayan Cherki a ouvert le score face à la Côte d’Ivoire jeudi soir à la Beaujoire. Buteur, électrique, programmé pour sortir du banc au Mondial selon Deschamps. Les données Data’Scout posent une question différente : avec un tel niveau, pourquoi le Lyonnais de Manchester City ne serait-il pas titulaire ?
La réponse de Cherki au micro de TF1 après le match dit tout sur le personnage : «Sur le plan personnel, c’est une prestation normale, histoire de se mettre en jambes. On n’ira pas à la Coupe du monde en tant que favoris, on ira pour écraser tout le monde.» À 22 ans, sans le moindre complexe, Cherki aborde sa première grande compétition comme s’il y était né. Les chiffres Data’Scout suggèrent qu’il a peut-être raison d’avoir cette décontraction.
Cherki, Numéro 1 Premier League en Meneur de Jeu : les données sont sans appel
Cherki évolue à Manchester City cette saison. 33 matchs de Premier League, 60 minutes de moyenne, 4 buts et 10 passes décisives. Son indice Data’Scout atteint 100 en Meneur de Jeu, numéro 1 de Premier League. Cent. Le score absolu dans le championnat le plus relevé du monde. Un repère utile : dans la lecture Data’Scout, un centile de 100 place le joueur devant l’ensemble de ses concurrents directs au même poste, par 90 minutes jouées.

La pizza est quasi exclusivement verte. Passes décisives à 98, xA à 100, 2e et 3e passes décisives à 100, passes clés à 100, passes en profondeur à 99, passes dernier tiers à 99, passes vers la surface à 99, courses progressives à 99, passes réceptionnées à 99, dribbles tentés à 98, duels offensifs disputés à 95, touches dans la surface à 96. C’est un profil de créateur absolu, capable de faire tout ce qu’un meneur de jeu peut faire au plus haut niveau.
Cherki vs Olise : la comparaison qui fait réfléchir
Le radar Data’Scout comparant Cherki et Michael Olise en Ligue des champions cette saison est instructif. Olise, titulaire indiscutable au Bayern et en sélection, affiche des centiles très élevés : buts à 89, dribbles réussis à 99, duels offensifs gagnés à 99, courses progressives à 99. Sur les critères de création pure en revanche, Cherki prend l’avantage : PD attendues à 99 contre 96, passes réceptionnées à 99 contre 96, précision passes à 87 contre 69, passes dernier tiers à 97 contre 86, passes en profondeur à 99 contre 91.
La différence flagrante : les buts. Cherki est à 48 contre 89 pour Olise. Et ses actions défensives réussies s’effondrent à 9, contre 52 pour Olise. Cherki ne défend pas. Du tout. C’est sa limite principale et ce que Deschamps a probablement en tête quand il le positionne comme joker offensif plutôt que titulaire. Mais les deux joueurs ne pourrais-tils pas être associés en Bleus ? C’est ce qu’a testé Didier Deschamps ce jeudi soir. Et quelques phases mettent l’eau à la bouche.

Le seul vrai frein : l’inefficacité devant le but
Les axes d’amélioration pointés par Data’Scout confirment le diagnostic : du déchet dans les passes dans le tiers adverse, besoin de beaucoup de tirs pour marquer, trop de dribbles ratés mais beaucoup tentés. Sa conversion but/tir plafonne à 32, ses buts à 47, ses buts moins xG à 18. Cherki surperforme en création, sous-performe en finition. Il crée énormément pour les autres, mais quand il faut conclure lui-même, il manque de réalisme.
Face à la Côte d’Ivoire, L’Équipe l’a noté : il a raté une grosse occasion en ne frappant pas immédiatement à la 31e minute. Une minute plus tard, il frappait dans le petit filet. À la 45e, il croisait sa frappe devant une foule de défenseurs pour ouvrir le score sur une action de classe absolue. Le talent est là. La régularité dans le dernier geste, pas encore.
Titulaire ou joker ? La data dit titulaire, Deschamps dit joker
Avec un indice de 100 en Premier League, le meilleur créateur de jeu du championnat anglais ne devrait pas sortir du banc. C’est ce que disent les données. Deschamps, lui, a ses raisons : Cherki ne défend pas ou peu, peut parfois jouer à contretemps, et son apport est maximal quand il arrive sur des défenses fatiguées en fin de match.
Les deux logiques se tiennent. Mais face à la Côte d’Ivoire, quand il était sur le terrain, la France existait offensivement. Quand il n’y était plus, les Bleus ont sombré. La corrélation n’est pas une coïncidence. Mais elle n’est évidemment pas la seule raison non plus.


