Larry Tanenbaum a pris la plume. Le propriétaire canadien de l’ASSE a publié une lettre ouverte aux supporters stéphanois, au lendemain d’une deuxième saison consécutive ratée. Un texte de long terme, de patience et de continuité. Un message qui ne répond pas aux questions immédiates, mais qui confirme l’engagement de Kilmer Sports Ventures.
Deux ans sans Ligue 1. Une descente en 2025, un échec aux barrages en 2025-2026. Les supporters stéphanois attendaient des actes. Ils ont reçu une lettre. Larry Tanenbaum, milliardaire canadien à la tête de KSV, propriétaire de l’ASSE depuis juillet 2024, a choisi de s’exprimer directement. En français. Sur le fond, le message est clair : KSV ne part pas, KSV ne panique pas, KSV s’inscrit dans la durée.
La méthode Tanenbaum : Toronto comme modèle de référence
Le propriétaire canadien convoque son passé pour justifier sa vision. Il cite les Toronto Raptors et le Toronto FC, deux clubs qu’il a contribué à développer. Dans les deux cas, les succès majeurs ne sont arrivés qu’après plusieurs années de travail et de continuité. Le message implicite est direct : ce que KSV construit à Saint-Étienne ne se jugera pas à deux ans. «Les réussites durables se construisent rarement dans la réaction immédiate. Elles reposent sur la stabilité, la patience, l’investissement et la capacité à rester fidèle à un cap, même lorsque les progrès ne sont pas immédiats.»
Pour des supporters qui vivent la Ligue 2 comme une humiliation, entendre parler de Toronto Raptors et de patience ne sera pas forcément apaisant. Mais Tanenbaum assume l’analogie et s’y tient.
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ASSE : Un mea culpa voilé sur la communication
Le passage le plus intéressant de la lettre est celui-ci : «Nous devons aussi, sans doute, mieux expliquer notre vision et le travail en cours pour accompagner le développement du club dans la durée.» C’est le seul moment où Tanenbaum concède quelque chose. Pas sur les choix sportifs, pas sur les recrutements ratés, pas sur Horneland ou le mercato. Sur la communication. KSV reconnaît n’avoir pas suffisamment expliqué son projet. Un aveu mesuré, mais réel.
Ce n’est pas anodin. Depuis leur arrivée, Gazidis, Fahmy et Rosenfeld ont été perçus comme distants, déconnectés des réalités du football français. Les groupes ultras l’ont mis noir sur blanc dans leur communiqué. Tanenbaum en prend acte, à sa façon.
La continuité assumée, les questions sans réponse
Ce que la lettre ne dit pas est tout aussi révélateur. Pas de calendrier, pas d’objectif chiffré pour la saison prochaine. Tanenbaum parle de «femmes et hommes talentueux et engagés à tous les niveaux du club» sans nommer personne. Une formule qui protège tout le monde et ne tranche rien.
Les supporters qui réclamaient des actes concrets sur la direction sportive, le recrutement ou le coaching ne trouveront pas de réponses dans cette lettre. KSV confirme son engagement financier et sa vision de long terme. C’est tout. Et pour l’heure, c’est insuffisant pour calmer les tensions.
«Nous sommes là pour longtemps» : une promesse qui engage à l’ASSE
La conclusion est la phrase la plus forte du texte : «Nous sommes là pour longtemps.» Tanenbaum ferme la porte à toute spéculation sur une vente ou un désengagement. Dans un contexte où plusieurs multipropriétés européennes se délestent de leurs actifs footballistiques, c’est un signal important. KSV reste. La question n’est plus de savoir si l’actionnaire canadien veut partir, mais de savoir s’il prendra les bonnes décisions pour remettre l’ASSE sur les rails.
La lettre est un début. Pas une réponse. Le Peuple Vert attend la suite sur le terrain, pas sur le papier.


