Grégory Poirier ne sera plus l’entraîneur du Red Star la saison prochaine. En fin de contrat, le technicien de 43 ans a annoncé à L’Équipe ce mercredi qu’il ne prolongera pas l’aventure audonienne. Une séparation décidée d’un commun accord, au terme d’une saison exceptionnelle.
Quatrième de Ligue 2, éliminé en playoffs par Rodez, le Red Star cherche un nouvel entraîneur. Poirier avait pris la suite d’Habib Beye à l’été 2024. Deux saisons, une progression constante, et une sortie propre. Le club et le technicien avaient choisi, dès la trêve hivernale, de se laisser mutuellement cette liberté à l’issue de la saison.
Grégory Poirier : «L’aventure était très belle et c’est bien qu’elle se termine»
Poirier assume pleinement la décision. «Certaines aventures doivent se terminer de la plus belle des manières. Et il y a une envie d’avoir une évolution chez moi», explique-t-il à L’Équipe. Pas de rupture, pas de tensions. Un départ choisi, au bon moment, dans le bon état d’esprit. «L’aventure était très belle et c’est bien qu’elle se termine. C’est une question de capacité à prendre les bonnes décisions au bon moment dans ma carrière.»
La mission fixée au départ était claire : maintenir le Red Star en Ligue 2 et faire progresser le groupe. Elle a été remplie au-delà des attentes. Le club audonien va disputer une troisième saison consécutive dans l’antichambre, ce qui constitue en soi une performance pour une institution longtemps ballottée entre les divisions inférieures.
Grégory Poirier : Un parcours atypique, une méthode qui fonctionne
Le bilan de Poirier raconte une carrière construite par le bas. Débutant en R2 à 34 ans, il a ensuite entraîné l’AC Arles, l’USM Endoume, Saint-Malo, Sedan, avant de faire monter Martigues en Ligue 2 avec une PPM (Pts pris par match) de 1,82 sur 105 matchs. Au Red Star, 73 matchs, 1,40 de moyenne. En Ligue 2 cette saison : 34 matchs, 16 victoires, 10 nuls, 8 défaites, une PPM de 1,71. Des chiffres solides pour un club aux moyens limités.
«En dix ans de coaching, je n’ai connu que cinq mois sans travailler», glisse-t-il. Une donnée qui dit tout sur sa capacité à séduire les présidents. Poirier ne reste pas longtemps sur le marché.
Des contacts avec des clubs de niveau supérieur
Le technicien ne cache pas ses ambitions. «J’ai eu la chance de pouvoir discuter avec des clubs de niveau supérieur grâce à la liberté qu’on s’est laissée avec le club», confirme-t-il. Des échanges concrets avec certains présidents, des ouvertures à l’étranger, et un rêve intact : la Ligue 1. «Lorsque l’on a commencé par la petite porte en France, on garde toujours le rêve d’entraîner en Ligue 1. Après, s’il faut passer par l’étranger…»
Il note lui-même la réalité du marché : les entraîneurs étrangers bénéficient d’un crédit particulier, la maîtrise de l’anglais est devenue indispensable. Poirier travaille sur cet aspect. Il ne se plaint pas, il s’adapte. C’est sa marque de fabrique depuis le début.
Le Red Star en quête d’un successeur
Pour le club de Saint-Ouen, le chantier commence maintenant. Quatrième de Ligue 2, le Red Star a les moyens d’ambitionner mieux la saison prochaine. Encore faut-il trouver l’entraîneur capable de capitaliser sur le travail de Poirier sans tout remettre à plat. Un profil qui comprend l’identité particulière du club, son ancrage populaire, ses contraintes budgétaires.
Poirier laisse une maison en ordre. Son successeur prend le relai dans de bonnes conditions.


